Un peu de pratique et moins de littérature : tuer pour manger
’’ Murs en fer ’’ nouvelle de Ghassane Kanafani ; traduction : Abderrahmane Laghzali
La Burqa comme révélateur de nos propres désarrois
Combat de basse-cour par Pierre Drachline
Le nouveau Brian Evenson est arrivé, ne le ratez pas !

Si notre assurance maladie était une banque, ils l’auraient déjà sauvée !
Une drôle d’aide à Haïti par Nestor Nunez
Communiqué de l’UNEF sur le budget des Universités de Haute Normandie
GAZA
Pourquoi l’économie mondiale ne s’est-elle pas effondrée en 2009 ?
Luisantes comme la salive épaisse du matin par Andy Vérol
Mater Dolorosa une nouvelle de Franca Maï
Fantômes... Début de ma tournée d’adieu par Andy Vérol
Quicky
La dérive une nouvelle de Franca Maï dans la revue les chemins de traverse
Relative pause dans mes tourments actuels.

Il y a des gens plus malheureux, (les pauvres petits), que moi. Je cherche à découvrir ma voie en zyeutant celle des autres.
La journée est propice à la tranquilité. On ne travaille pas. On s’extasie connement sur les petits riens du monde qui nous entourent. La plage. Les nuages. Le ciel parfois bleu. Les potes qui demandent des tunes. Les plantes qui crèvent sans qu’on y comprenne rien, les boum boum boum d’une techno tuning franchement acidulée, les souvenirs joyeux qui serrent la gorge. Les rues de Paris franchement moins magiques. Les feux d’artifice du 14 juillet qui nous épatent. Les soirées sensationnelles entre croutons. Les douleurs méchantes qui crèvent le corps sans vergogne. Les mecs qu’on trouve plus beau que soi. Les filles qu’on découvre plus belle qu’un vif doigt. Les matins fatigués à faire la queue clopes pour bosser. Les pensées pas jolies sur un avenir incertain.
C’est cool de s’ennuyer.
Comme Marcel qui vit seul dans une cité rescapée du Nord. Qui est veuf depuis 7-8 ans, que personne se rappelle sa femme !... Marcel et son petit jardin pas très beau mais super productif. Marcel et sa tronche typique de français, agrémenté de moustache, de cheveux teints en brun, de pantalon en velours, de chaussures écrase-merde, de chemise à carreaux bien carrée... Mon coco.
Marcel qui tous les matins, plus que n’importe qui d’autre, se lève à 6h00, comme lorsqu’il avait un boulot et qu’il voulait être le plus vaillant auprès de sa femme et des femmes.
Marcel et sa fille qui ne vient plus le voir parce qu’il n’aimait pas son futur mari. Sa fille, Marie qui a sans doute déjà deux enfants, qui trouve le monde "d’après guerre" beaucoup plus voluptueux et moins contraignant. Sa fille qui ne l’appelle plus, qui n’a sans doute entendu que sa rudesse, et ses propos plus ou moins acceptables.
Marie qui, partie à Barcelone, vit une vie de bohême avec son beau garçon éternel.
Marie s’éveille en pleine nuit. La Lune crache sa lumière partout sur le village. Et Marcel foule ses salades et ses tomates, ses pommes de terre et son persil, ses fraises des bois et ses rosiers. Marcel à poil, le cul nu, le poing dressé, la bouche grande ouverte. Marcel l’imbécile, le bouffon à vie. Le type à haïr. Marcel qui, dans la rue foule le macadam encore chaud de la Grand rue. Marcel le cinglé, Marcel l’étalé comme une crêpe par une bagnole gueularde poussée à 120 dans son patelin tranquille.
Marcel, à 94 ans, n’est plus qu’une crêpe de hâché jonchant le chenal de la route. Marcel et ses fans.
Un jeune couple paniqué, dressé dessus lui, le visage meurtri et déchiqueté, éclairé par les feux de détresse de ces jeunes gens "bolidiens".
Andy Verol
source :
Hirsute

