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Société, Individu par Jean-Jacques Rey

Catégorie société
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(JPEG) L’existence, socialement parlant, signifie la plupart du temps d’être le sujet d’un ordre social, et dans tous les sens du terme d’ailleurs. Cet ordre ou cette organisation, si vous préférez, est par nature, peu respectueux de l’individu : c’est une aporie bien ressentie par la plupart d’entre nous, dont je ne pense pas vous livrer primeur.

A l’origine, la société, c’était fait pour se défendre contre les bêtes sauvages et mieux, améliorer la subsistance : il y avait là une nécessité vraiment vitale.

Au fur et à mesure de l’évolution, sont venues se greffer là-dessus, d’autres nécessités, qui ne sont pas toutes des nécessités à mon avis.

Implicitement ou pas, on nous demande donc de nous conformer à un ordre social ; c’est d’autant plus vrai que la société est dite évoluée. Cela revient à dire qu’il faut souvent sacrifier aux vues communes, déguisées en intérêt général. Ca, c’est une des petites gâteries de la boîte à Pandore, parce que l’on sait bien, que l’esprit malin qui arrive à manipuler les vues communes, il ne travaille pas toujours pour la morale ou la science ! ...

Dans le monde du travail, particulièrement depuis qu’il s’est industrialisé pour le profit bourgeois, la conformité est devenue une calamité !

Beaucoup d’entre nous, ne sommes pas acceptés sous les dehors de notre véritable nature ; être intégré dans l’appareil de production économique nécessite souvent de tricher voire de se renier en tant qu’individu.

La performance, le rendement, le profit, sont au centre de préoccupations -terre à terre- souvent mal vécues. Après, c’est à qui s’étonnera le plus ou feindra de s’étonner, de la fracture sociale : de la multiplication des laissés pour compte, des paumés, des desperados, etc. Croissant, le malaise existentiel, touche maintenant toutes les catégories d’âge. C’est un problème "intergénérationnel".

La première cause, c’est qu’il manque un idéal ou plutôt une rénovation d’idéal pour guider les gens ; d’où le recours aux vieilles lunes telles que les religions et sectarismes divers. Le projet alternatif au modèle de société néolibérale qui nous ramène à l’antiquité gréco-romaine, en est encore au stade de l’ébauche.

Cet idéal nouveau, régénérateur, qui manque tant pour fortifier la prospective, alors que les humains d’aujourd’hui sont aussi assoiffés de lui que leurs aïeux l’étaient, au seuil de grandes mutations sociologiques, ne pourra en aucun cas, être une nouvelle serpillière à essuyer des ambitions personnelles.

La place de l’individu dans la société a évolué, pas toujours de la bonne façon, je le concède (à qui, la faute ?) mais elle a évolué, et ceux, qui continuent à prendre les citoyens modernes pour les sujets d’antan : corpus social plus ou moins ignare, mal dégrossi, qui se "devait" d’être raboté par les impératifs utilitaires de la domination intellectuelle, sont des vieilles badernes ou des idéologues dépassés, comme j’ai pu y faire déjà allusion...

Donc ceux, qui nous serinent à l’envie que le monde est dur, qu’il faut savoir souffrir pour relever les défis, qui en appellent à la citoyenneté, à notre sens des responsabilités, etc., doivent prendre acte et s’adapter à la nouvelle donne, et pas seulement en recourant aux symboles et, je ne suis pas sûr que cela soit au goût du jour, mieux, dans les programmes des grandes écoles qui forgent nos élites.

Tout ce beau monde continue à nous prendre allègrement (et à nous laisser !) pour des cons : con parce que je ne vois pas de mot plus simple et de plus universellement compris, pour désigner leurs procédés de fifres outrecuidants.

Parce que si tel n’était pas le cas, je ne vois pas pourquoi ils persisteraient encore à vouloir nous abrutir et nous infantiliser, avec des messages débiles ; pourquoi ils continueraient à exalter des valeurs républicaines qui sont tronquées, maculées, tous les jours, par leurs politiques minables, et j’en passe et des meilleures.

Voilà ! revenons-en au début : pour un véritable, durable, progrès social, je préconise de respecter l’intégrité de l’individu : premièrement, en accord avec les droits fondamentaux de l’homme, l’accompagner dans ses aptitudes et ses choix.

Quand on laissera l’individu se déterminer librement au sein de la société (et vraiment librement, sans entraves) : un principe qui pourrait s’accompagner d’une école permanente pour tirer le meilleur parti de lui-même, on aura fini de boulonner l’édifice de la civilisation humaniste, qui s’enrichira sans fin, et on pourra légitimement demander à tous, sa participation. Avec le règne du néolibéralisme pur et dur, ce n’est pas le cas et c’est même le contraire !

Comme vous remarquerez, je ne m’abrite guère derrière les précautions sémantiques de nos politiciens : il faut dire que je n’ai pas grand chose à y gagner ou à perdre. Au moins étant pauvre, je suis libre de mes paroles, et pour le moment, on me les laisse. Jusqu’à quand ?... c’est une autre histoire...

Parce que vous savez bien que tous ceux qui "rament à contre-courant ou loin devant", sont toujours soigneusement tenus à l’écart, par tous les bénéficiaires réels de la conformité sociale, qui voudraient pouvoir continuer tranquillement, à nous endormir avec leur rhétorique de "poncificateur" !

La participation sociale s’obtient donc, intrinsèquement, par la valorisation de l’individu, et non par son aliénation, le contraire eut été étonnant, n’est-ce pas ?

Non, c’est vrai ! Parce qu’en fait, croyez-moi, je n’ai rien inventé et les solutions existent depuis la nuit des temps... Comme dirait Barjavel...

La valorisation de l’individu, c’est d’abord lui laisser sa liberté de pensée et de parole, et pour cela, commencer par lui donner la possibilité de penser...

Ca paraît évident et ça ne l’est pas : certains passent leur temps à nous la rendre difficile voire impossible : exemple le travail ou la publicité à la chaîne !

Pour des tas de gens, l’accès à la parole est filtré, la façon de penser est "éduquée".

Il en est de même pour la création d’art et de culture, les masses populaires ont le droit de consommer, mais peu celui d’y participer : plus qu’une sélection par le talent et le mérite, c’est devenu le privilège de ceux qui ont le temps et les moyens à y consacrer. Ce n’est pas la meilleure façon d’enrichir le patrimoine de l’humanité. A leur façon, même les rois d’antan l’avaient compris...

Plus généralement, au sein des civilisations évoluées, sous l’empire de n’importe quel régime et malgré les vœux pieux, l’égalité citoyenne n’a jamais existé (ou alors a été promptement exterminée.

La fraternité est une vieille lune pour corps social extra-terrestre et enfin, la liberté (pseudo) s’achète, comme autrefois, les indulgences papales !

Si bien qu’on nous parle maintenant, sans sourciller de liberté économique...

Y-a-t-il plus antinomique pour la liberté d’un être humain que l’économie, quelles qu’en soient les règles et justement à cause d’elles, qui le contraint dans son existence jusqu’à l’esclavage ? ...

Non, il va falloir changer d’étalonnage : "l’économisme" n’est pas un programme politique, c’est une absence de choix de société !

A ce propos, depuis trente ans au moins, j’observe, je vis, et je subis comme vous, l’insulte faite aux mots.

Dans l’histoire, il n’y a que dans les pays totalitaires qu’on relève un tel décalage, entre les signifiants et les signifiés. Ceci amenant cela. Certains voudraient même nous faire croire qu’il ne faut pas prendre tout au pied de la lettre, dans les textes les plus essentiels, à preuve un certain traité constitutionnel qu’on a transformé en dictionnaire des inanités (et je reste poli, pour ne pas dire insanités) !

Mes "enfants", je dirai, non seulement nous n’avons de liberté que le mot, mais nous sommes dans l’absence de lumières d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom. Aussi conseille-je de faire comme tous les enfants qui veulent devenir des femmes ou hommes, responsables et libres devant eux et les autres : à savoir dire non pour être.

D’affirmer ainsi un individu authentique, et mon expérience de vie me fait dire, que c’est la meilleure façon de dire oui pour le meilleur !

site JJ REY



Publié le 15 mars 2005  par Jean Jacques Rey


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