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ON
par Andy Vérol

Catégorie free littérature
Il y a (7) contribution(s).

(JPEG)

La peau, on s’y faisait des dessins sur la peau.

Tout le monde se foutait de nous. On faisait des dessins sur nos peaux. On regardait des films porno toute la journée, on s’indignait que nos enfants puissent les regarder, on regardait des films sur les enfants soldats, on trouvait ça caca, on partait bosser chaque jour pour faire fonctionner le système qui nous détruisait.

On ne cherchait pas à voir venir.

On regardait du foot, on installait des panneaux solaires, on affirmait pouvoir changer le monde sans violence sans révolution, c’était tellement aisé avec nos frigos pleins de pots de yaourts pétrole, de kiwi ayant fait 5000 bornes pour finir dans nos estomacs archi pleins.

On regardait des émissions sur les régimes, sur les stars qui se droguaient, on se disait tous de gauche, tous libéraux tous pour l’économie de marché pour les entreprises pour les syndicats pour les retraites, pour les économies, pour les “on n’a pas l’choix, sinon ce seront nos enfants qui paieront la note.

Nos enfants se branlaient sur internet regardaient des gang bands avec la maman qui suce le fiston du nouveau papa de la famille recomposée. On se faisait chier dans les bouchons pour se faire chier dans des hôtels des campings pour râler redire qu’on en avait marre de payer et on payait et on était tous pour le rock et les associations humanitaires, contre les guerres, contre les 4x4, pour les bio-carburants.

On était pour internet et pour une école de meilleure qualité.

On avait des beaux jeans plus si chers et on mangeait des mangues et du saumon fumé à Noël, on ne s’offrait plus des oranges et on aimait les émissions de déco, on trouvait ça utile les psy et le fait de souscrire à des assurances.

On n’aimait pas les mecs riches qui s’en mettait plein les fouilles alors qu’il y avait de la misère, mais on rêvait de gagner au Loto.

On avait peur de la Chine et de la banquise qui fondaient.

On s’achetait de la vaisselle chez Ikéa et on faisait du ski sur herbe. On aimait bien les rebelles et on détestait les pédophiles. On voulait plus de massacres, on soutenait les peuples oppressés à l’occasion des Jeux Olympiques oh les dégueulasses. On détestait les FARC, on adorait les Obama et les films de Tarantino, on soutenait les pêcheurs et on détestait le massacre des poissons...

Et aussi...

Andy Vérol est l’auteur du roman : "Les Derniers Cow-boys français" ausx éditions pimientos



Publié le 28 mai 2008  par torpedo


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Forum de l'article
  • ON
    par Andy Vérol
    28 mai 2008, par Delcuse
    Y a juste qu’il faudrait remplacer le "on" par le "je", parce que, moi, désolé mais je fais ni dans la culpabilité, ni dans le foutage de gueule. Alors, si Andy Vérol se reconnait dans cette description, c’est, naturellement, son droit. Juste qu’il ne faudrait pas qu’il prenne son cas particulier pour une généralité, voilà tout. A part ça, oui, ça peut se dire. Mais, à qui ?
    • ON
      par Andy Vérol
      28 mai 2008, par régis duffour

      Très tôt j’ai détesté "L’ours" et "Le grand bleu". Plus tard « Amélie Poulain ». Je détestais les années 80 et lorsqu’avec un certain recul je les regarde encore je me demande comment j’ai pu survivre à tant de cynismes et de contentement de soi.

      Ces années, celles de mon adolescence, ont inauguré ma détestation des modes spectaculaires et marchands auxquelles je n’ai céder qu’à une seule exception lorsque à la fin des années 90 j’ai cru trouver parmi de plus jeunes gens lettrés, et l’amour, et le sentiment partagé de ne jamais vouloir en rétrocéder à ce monde. Or ces jeunes gens sont devenus, peu ou prou, pour la plupart, ce qu’ils craignaient de devenir ou plus justement ce qu’ils savaient savoir devenir parce que leurs aînés n’en attendaient pas moins, parce qu’ils savaient devoir en passer par une certaine forme d’aliénation pour satisfaire leurs ambitions. On ne m’y reprendra plus qu’à la condition de briser cet édifice de méfiance conçu pour les hauts de formes et de brillants sujets.

      Il demeure les évidences du vivant et "cette conscience épidermique du vivant", la poésie quotidienne à chaque coin de rue et lorsqu’ils auront cessé de parler pour ne rien dire ou pour se contredire l’instant d’après, il restera ce bûcher du vieux monde.

      Ils l’alimenteront et les femmes enjamberont les flammes, leurs jambes humides et noircies par la chaleur et le charbon, leurs robes voleront au vent comme William Carlos Williams en introduction au poème "Howl" écrivait "Mesdames soulevez vos jupes nous entrons en enfer" !

    • ON
      par Andy Vérol
      28 mai 2008, par jl.poli

      oUI mais "on" c’est "je" + "nous" . Il lui suffirait de retirer le nous du on ce qui enlèverait tout le charme de son texte.

      lui

  • ON
    par Andy Vérol
    29 mai 2008, par han ha n

    Le titre n’est pas de moi, et il se trouve qu’il est parfaitement choisi... Lorsque vous renvoyez ce "on" à un "je" accusatoire à mon encontre, vous ne faites que parler de vous... Et votre "je", n’en déplaise, fait partie ce "on" bien choisi, puisque je ne suis aucun cas l’auteur du titre... Quoiqu’il en soit, j’ai eu à me replonger dans une activité... où il y a des collègues... Non pas pour gagner de l’argent, puisque j’ai perdu près de 50% de mes assedics passés, mais parce que j’avais envie de doigter de nouveau le monde pour me sentir vivant...

    Bref, une collègue ne mangeait plus de viande, écolo à mort, avec l’obligation de bouffer des pillules de magnesium et tu tofu pour compenser ses carences... d’occidentale de gauche, militante...

    Bref, la cocotte n’est pas mince, ce qui n’est pas un problème. Mais donc assez nourrie... Et lors de la réunion hebdomadaire, elle avait une bouteille d’évian en plastique pour boire... Comme je ne comprenais rien à ce qui se racontait dans cette réunion, je n’avais que ça à foutre... Je lui ai dit que le Tofu et autres pillules de magnésium étaient emballés dans du pétrole, du papier, et transportés dans des bateaux, avions, camions, et j’en passe... Que sais-je encore... Elle nous a gonflé 5 minutes pour nous dire qu’il fallait mettre le papier usager dans des piles de brouillons, pour "l’environnement", dit-elle... Ouais elle a le droit... Sauf que chacun de ses gestes, chacune de ses protestations bien pensantes, n’étaient que des actes infects garantissant encore et encore une dégradation fumeuse du monde...

    Je lui ai dit un truc que j’ai écrit hier soir dans mon lit, et elle a été stupéfaite, limite haineuse lorsqu’elle a fini d’entendre ça : "On n’était pas à l’heure des injustices ou des inégalités en Europe. En Occident, on était à la vie, le siècle de la répartition des gachis. Le pétrole bradé avait affamé des peuples entiers, corrompu des dirigeants, et repu des occidentaux "gauchos" chiants sans cesse leur aveuglement dans la face du monde/la/télé : "Oh je souffre de voir souffrir..."

    • ON
      par Andy Vérol
      2 juin 2008, par Delcuse
      Non, non, Andy, moi, j’accuse personne. Je sais trop, justement, que la "Chianlie" gauchiste, pour reprendre le célèbre mot d’un non moins célèbre Général, aime bien utiliser le on, histoire de foutre tout le monde dans le même sac, et de culpabiliser le prolot, qui sait déjà trop bien se culpabiliser tout seul, cet idiot. Moi, les gens qui tries leurs ordures... bref. Nous, nous autres prolos, n’en sommes plus là ; nous en sommes au temps qui presse de sortir les couteaux.
      • ON
        par Andy Vérol
        2 juin 2008, par yankee zoulou

        "J’aimerais bien écrire sur les murs, mais je sais pas quoi"..

        Happy birthday 2U..68.

        T’inquiète Delcuse, la réponse a pas tardé.

        La chienlit c’était bien lui..

        Sinon, contre-culture, mon contre-cul..

        Encore une formule à la con du YZ.

        Do my best..

        @+ al

  • ON
    par Andy Vérol
    12 juin 2008, par Delcuse
    Le "On", c’est justement ce que dénonçait l’équivoque Heidegger, à partir de quoi il a bâtit toute une pensée.
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