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GRADOWSKI Zalmen : Au cœur de l’enfer
Debout les femmes !

L’Amour Carnassier une critique de Marc Alpozzo pour Boojum
La sagesse de l’amour
Le Clézio, le silence et l’infini
Entretien avec Franck Thilliez
Entretien avec Benoîte Groult propos recueillis par Marc Alpozzo
"L’écriture et avant tout un rituel jubilatoire " une interview de Franca Maï par Marc Alpozzo
Michel Onfray par Gilles Delcuse
La deuxième chute d’Albert Camus sur France 2 par Jean-laurent Poli
Franca Maï, Didier Daeninckx, Jean-Paul Liégeois et un visiteur surprise Leny Escudero à la Ferté Vidame pour la fête des livres 2009
Franca Maï sur Radio Fréquence Paris Plurielle
« Oui, [je suis] tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans... Je ne la déplore pas moi... Je ne me résigne pas moi... Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-ving-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir. »
Ferdinand in Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline
On peut bien calomnier Louis-Ferdinand Céline. On peut chercher à l’enterrer Céline ! Génie ou salaud ? Grand écrivain ou pauvre type ? Grossier ! Délirant ! Anti-humaniste ! Misanthrope ! Céline n’a pas fait les choses à moitié ! Céline est allé loin dans le pire ! On a donc cherché à l’effacer ! Le médire ! Le gommer ! Toute une meute a, combien de fois, chanté l’hallali ! Et pourtant... Dans son immense solitude, Céline est toujours vivant ! Céline est toujours là auprès de nous, et nous ne sommes pas prêt de nous en défaire. Il fut le visionnaire qui annonça la grande folie du siècle de la mort de masse, de la mort industrialisée, des suppliciés, de la grande horreur et de la grande pagaille. L’oraison funèbre qu’il annonçait, comme un chien de traîneau flaire la crevasse, certains voulurent presque l’en rendre responsable. La plus touchante bêtise de quelques-uns, le plus méprisable ressentiment de beaucoup d’autres ne doivent pas obstruer pour autant l’œuvre, sa profonde richesse, souvent humaine, et le coup de semonce qu’elle représentait pour la littérature classique. Celle qu’on enseignait à l’école. Certainement ce qu’on lui reprocha le plus ! Céline le réformateur ! Céline le styliste ! Céline le mitrailleurs de la langue1 ! Céline le plus grand écrivain du XXème siècle aux côtés de l’inimitable Proust. Céline le génie et le salaud !
Combien furent-ils à vouloir la peau du médecin, du vieux Destouches calomnié de toutes parts ?
Ils eurent Drieu de la Rochelle, Robert Brasillach. Mais jamais Céline ! Et pour cause !
Cette peau d’un écrivain, seul, dont la solitude était pleine de fureurs et de visions, Céline la mettait volontiers sur la table, et savait ce qu’il faisait : dans un entretien audiovisuel avec Louis Pauwels (2), il présente, sans hésitation sans concession, sa vision de la littérature : « Il y a des milliers d’écrivains, ce sont de pauvres cafouilleux, des aptères, ils rampent dans des phrases, ils répètent ce que l’autre a dit, ils choisissent une histoire... c’est pas intéressant. J’ai cessé d’être écrivaiiiiin n’est-ce pâs, pour devenir chroniqueur : alors j’ai mis ma peau sur la table. Si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n’avez rien, il faut payer. Ce qui est fait gratuit sent le gratuit et pue le gratuit. » Gratuité déclarée désormais interdite.
Car Céline n’invente rien. Céline se dit chroniqueur ! C’est-à-dire qu’il écrit en payant de sa personne.
Un écrivain doit avoir vécu ce qu’il raconte. Il faut qu’il se soit presque fait tuer pour l’histoire qu’il nous raconte. Oui ! il faut payer ! Payer vraiment !! « Le véritable collaborateur, c’est la mort ou les associés : la persécution... » (3)
Cela consiste à faire sortir de l’être quelque chose de plus que ce que l’on voit. Mais la trame doit être vraie. Car, au fond, la grande inspiratrice, c’est la mort ! Céline refuse toute autre forme de littérature qu’il laisse à ces individus lettrés qui lui semblaient si burlesques, plus jeunes. Un type qui raconte des histoires, ça ne peut raisonnablement pas être sérieux. Pas pour Céline en tous les cas ! Pas pour cet auteur qui veut dénoncer la guerre, la folie humaine, la pente carnassière des hommes dont il parlera dans ses Entretiens avec le Professeur Y. Et tout à coup, cette vision-là de l’écrivain, cette technique d’écriture-là, va lui rendre la vie impossible. Car TOUS voulurent sa « peau » ! On l’a voulue d’abord pour des raisons morales : son antisémitisme qu’on a souhaité confondre avec le nom de Céline lui-même et le « rendre inoubliable que par là » (4). Son travail de la langue, lui qui croyait au pouvoir des mots, et au pilonnage en règle des codes et des conventions traditionnelles, au point de transposer le langage parlé dans l’écrit. Faire revivre l’émotion du langage parlé. Sa vision de l’être humain si noire et pessimiste. Ce désespéré de l’homme aux accents incantatoires, ce prophète de l’apocalypse, atteint, notamment à la fin de son existence terrestre, par la maladie de la persécution.
La haine était immense, et on ne doit la survie de Céline, ou tout du moins de ses œuvres, qu’à l’immensité de son génie. En guise de réponse aux questions de Michel Polac et Yannick Bellon, Lanza del Vasto, parlant de Céline qu’il n’apprécie guère visiblement, déclare : « Il y avait un mélange d’admiration et d’horreur pour cet ignoble personnage Céline, avec ces ignobles livres, parfaitement illisibles. » (5)
C’est dire combien la haine était grande !
Or, on peut affirmer aujourd’hui qu’il fut l’un des plus grands écrivains du XXème siècle, voire le plus grand. Oui ! il fut l’une des plus grandes verves de ce siècle-là, enterrant ces « pauvres cafouilleurs » qui se recopiaient entre eux, et il le savait, n’ayant que très peu d’estime pour eux. Mauriac avait, selon lui, mal tourné. Giono était insignifiant. Idem pour Montherlant ! (6) Car, précisément, à ses propres yeux, il travaillait et les autres ne foutaient rien. « Voilà exactement ce que je pense ! » (7)
Enôôôrme Céline ! Exaaagéré Céline ! Sûrement ! Et pourtant... il les aura bel et bien enterré ! Car il n’est pas un prosateur ! Il est d’abord l’auteur d’un style ! LE style ! Il a giflé la syntaxe, saucissonné les phrases, secoué l’inertie du langage... Il a installé un fauteuil à la langue populaire et à l’argot au centre même du salon très cossu de la grande littérature... qu’il a éperonnée ! Qu’il a transformée ! Qu’il a révolutionnée !! L’écriture parlée étant, à ses yeux, plus à la mesure de l’époque... Epoque vivace ! Emotivement troublée (8) ! Or, « retrouver l’émotion du « parlé » à travers l’écrit ! c’est pas rien ! » (9) Ne vous accrochez donc pas à l’histoire ! Encore moins à l’idée ! Selon Céline, de l’idée en littérature, il n’en voulait guère. En tout cas, pas dans la sienne ! Le style ! Que le style ! Peu importe les vies... « Les écrivains ne m’intéressent que s’ils ont un style. Et s’ils n’ont pas de style, ils ne m’intéressent pas ! [...] C’est rare un style, monsieur ! Un style, il y en a un, deux ou trois par génération ! »(10)
Voilà ! C’est dit ! Céline, c’est le style ! Rien d’autre !
Excès de modestie ?
Enième pied de nez à ses ennemis ?
Ou concession faîte à tous ses persécuteurs pour trouver un petit instant de tranquillité ?
Car on lui a tout fait à Monsieur Céline. Oh ! oui ! TOUT ! Il a donné beaucoup aux hommes, et ils ne lui ont répondu que par des vacheries. « J’ai été dépouillé, dévalisé, pillé, salopé, ignominé de tous les côtés pour des gens qui n’en valaient pas la peine. [...] Je trouve que les autres sont coupables. Pas moi ! » (11)
Et le verdict est sans appel...
Car, au fond, qu’est-ce qui lui a été reproché à Monsieur Céline ? Vraiment ? Et bien ! Très certainement d’avoir dénoncé la guerre. En 1932 ! Vous vous rendez compte ? Guerre dénoncée dans son premier roman. Guerres, ravages, violences, carnages, charniers, souffrances. Il a montré l’homme dans sa plus grande cruauté, et sa pire bestialité.
Alors ? Maintenant !
Tous ses problèmes ne viennent-ils pas du Voyage ? Il l’a lui-même avoué. On lui a reproché d’écrire contre la violence de la guerre. Et ainsi on lui a reproché aveuglement sa violence ! Sans même en comprendre le sens.
Pourtant il ne se sentaient pas violent, lui, Céline ! Les hommes sont violents ! Pas lui ! Violence dans le style, alors ?
Pas plus ! Céline ne trouve pas. C’est du raffinement. « Je suis raffiné. [...] Et bien qu’on me tue, n’est-ce pas ? Si on tue dans un élevage la bête raffinée, c’est un drôle d’élevage ! »(12)
On lui a certainement reproché, dans le fond, de ne pas accepter de vivre comme tout un chacun : dans l’hypocrisie ! D’avoir trouvé assez de courage pour dénoncer la guerre. Et l’histoire lui a donné raison. Pas les hommes ! Voilà ! C’est ça ! Il a eu le même courage que son personnage Bardamu dans le Voyage, durant cette véritable scène d’anthologie, où ce dernier avoue à Lola qu’il ne veut plus retourner à la guerre. Car le style enfin ! Le style ! Nous n’y étions pas encore ! Oui ! C’est vrai ! C’est vrai ! Le projet de Céline est déjà bien clair dans le Voyage au bout de la nuit : fonder une langue littéraire sur ce qu’on peut saisir au vol dans les quartiers périphériques de Paris et dans les banlieues.
Mais quoi ?
Personne ne pourra nier que la mise en œuvre de ce dessein dans son premier roman est loin d’être parfaite. Les mots populaires sont déjà là. Certes. Mais la syntaxe, bon sang ! La syntaxe est encore toute empêtrée du français académique. Passé simple ! Imparfait du subjonctif ! Tout est là, en bonne place, pour rappeler à nos belles perruques littéraires, qu’il y avait là un ton « littéraire » au pire sens du terme. Non ! Ce qu’on va véritablement reprocher à ce roman de la petite bourgeoisie française de la première moitié du XXème, c’est qu’il invitait en tout premier lieu à haïr la guerre. Le constat sans appel de Bardamu est d’autant plus conséquent qu’il repose en grande partie sur une « désillusion » quasi-générale : tant de souffrances, tant de sacrifices ne trouvèrent après guerre aucune récompense ! A tous ces deuils, toutes ces victimes, s’ajoute une vision terrible de l’homme, dont il avoua à la fin de sa vie se méfier, car il les trouvait coupables de tout ! Ah ! pas au sens moral, mais dans la pratique !(13)
Et que dire de son antisémitisme apparu subitement dans quatre pamphlets, parus entre 1937 et 1941, d’autant plus inattendu qu’au commencement de son premier roman, Bardamu est le juif de ce microcosme (14).
Impossible également de ne pas reconnaître à Céline une méditation intensive autour de ceux qui sont exclus, hors du coup, jugés différents. Il faut noter que Céline a été élevé au moment où la campagne d’hostilité contre Dreyfus battait son plein ; l’affaire commençait même l’année de sa naissance. Donc pas un jour sans entendre parler des juifs. Ce qui a très certainement marqué le garçon. Impossible qu’il ne puisse se persuader, entre dreyfusards et anti-dreyfusards, que les juifs ne forment une société spéciale. Une conviction qui ne devait pas s’accompagner nécessairement d’une hostilité ou d’un antisémitisme particulier. Mais qui demeurait tout de même une vraie porte à l’antisémitisme. Une conception du mot « juif » à laquelle il restera attaché sans jamais lui donner la moindre évolution, et qui lui jouera sûrement quelques tours au moment où Elisabeth Craig, sa compagne, se maria avec cet avocat juif, réveillant en lui, les « monstres » de l’antisémitisme sommeillant. Mais la définition qu’il donne au mot « juif » en étonnera plus d’un, jusqu’à l’antisémite le plus convaincu. Dès lors, deviennent juifs tous ceux qu’ils craint : noirs, jaunes, comme tous ceux qu’il honnit. Gallimard ou Gide crurent, avec Bagatelles pour un massacre, à la farce de conséquence destinée à combattre le racisme par le ridicule. Il suffit de relire aujourd’hui ces piètres pamphlets pour être aussitôt convaincu qu’ils sont véritablement sans « danger ». N’en demeure pas moins que le Voyage est un roman-monstre, très jubilatoire. Et le reste de son œuvre n’a fait que confirmer le génie. Reprocher à Céline de s’être répété. Apitoyé sur son sort. Egaré dans une destruction de l’écriture française. C’est tout bonnement inepte ! Il faudrait d’ailleurs commencer l’œuvre de Céline par son dernier : Rigodon ! Lire à reculons ! Affronter son usage, tant redouté, tant reproché à l’auteur, des points de suspension. Points de suspension qu’il a plus tard revendiqué comme la caractéristique même de son style : « Quand je me suis engagé dans cette dite littérature, j’ai trouvé que c’était pas du tout ça... [...] alors, c’est là que je me suis mis aux trois points pour être sûr d’être différent ! » (15) !
La discontinuité dans le discours, et une pensée en majeure partie informe. Les romans de Céline peuvent donc être criés. Ils peuvent être lus à haute voix. Car le langage de Céline est immédiat. Les mots pas mensongers pour un sou ne cherchent à décrire aucune autre réalité qu’eux-mêmes. Torrents d’injures, flots de mensonges, atrocités et sottises, au milieu des mots qui évoquent tous les désastres et les souffrances humaines, sans jamais chercher à dépeindre le moindre sentiment ou état d’âme, on trouve une grande allégresse, un comique gai. Céline savait rendre ses personnages parfois presque burlesques. Comme s’il avait voulu introduire de l’humour dans le monde. A moins que toutes ces histoires qu’il nous desservait, touchent à tant d’horreurs, que racontées, elles nous apparaissent presque comme des farces ! Car la lourdeur des situations est balancée par la légèreté de l’écriture. Une écriture que Céline parvenait à obtenir à force de travail et d’acharnement. Travail qu’il accomplissait, non par devoir intérieur disait-il, mais pour gagner sa vie (16).
Quant au reste... cela lui importait peu ! Il avait déjà tant subi ! Il n’attendait d’ailleurs plus qu’une seule chose : la mort. Et pour l’anecdote, en guise de réponse à la question de Louis Pauwels : « Si vous deviez mourir à l’instant, quelle serait votre dernière pensée ? » il fit : « Oh ! Et bien ! Au revoir et merci ! » (17)
Source :
ouvroir de réflexions potentielles
Le problème interminable "Céline" ; parce que Céline, le personnage, mais aussi l’écrivain, pose problème, il faut bien le dire. Tout de même, appelons un chat, un chat : Céline est un salaud, qu’on le veuille ou non. Et, à ce sujet, on ne me la fera pas. D’abord parce que je l’ai lu ; que j’ai lu ses trois pamphlets antisémites. Pour qui veut en prendre connaissance :
http://dndf.over-blog.com/article-2353377.html
si exagérés que ça m’a bien fait rire quand même, et son pamphlet anti-prolos, que j’ai trouvé assez juste, mais il n’était pas le premier à l’avoir fait, et il ne l’a pas écrit comme une critique, mais comme une moquerie, pour ridiculiser, non pour dire ce qu’est vraiment le stalinisme. Ne pas oublier que Céline avait ses entrées à la Kommandantur. Le seul truc, c’est qu’il était peut-être moins saligot que Brasillac, qui, lui, n’hésitait pas à dénoncer des juifs dans son torchons "Je suis partout", torchons dans lequel Céline publie. Allez fouiller sur la toile, il y a d’excellents auteurs qui parlent des intellectuels de la collaboration. Vous verrez, dans le genre crapuleux, c’est pas mal. Il reste que "Le voyage au bout de la nuit" est un très grand texte, à lire, et à relire. Ce genre de grand texte comme il en n’existe qu’un par siècle. Le style Céline, qui sonne si juste quelques fois. Mais, même le style, on le trouve déjà chez Cendrars. Cela dit, Tardi a eu une bonne idée de le croquer.
Vu sur wikipedia
""Comme beaucoup d’écrivains, Céline a su habilement bâtir toute une série de mythes sur sa personnalité. En même temps que Voyage au bout de la nuit, Céline écrivait des articles pour une revue médicale (La Presse médicale) qui ne correspondent pas à l’image de libertaire qu’on s’est faite de lui[3]. Dans le premier des deux articles qu’il donna à cette revue en mai 1928, Céline vante les méthodes de l’industriel américain Henry Ford, méthodes consistant à embaucher de préférence « les ouvriers tarés physiquement et mentalement » et que Céline appelle aussi « les déchus de l’existence ». Cette sorte d’ouvriers, remarque Céline, « dépourvus de sens critique et même de vanité élémentaire », forme « une main-d’œuvre stable et qui se résigne mieux qu’une autre ». Céline déplore qu’il n’existe rien encore de semblable en Europe, « sous des prétextes plus ou moins traditionnels, littéraires, toujours futiles et pratiquement désastreux ».
Textes écrits entre 1922 et 1926. Aux Etats-unis en collaboration avec des cadres des usines Ford...
Une ordure en somme...
Et ils sont arrogants et méchants.
(Gilles je dois te lire. Je me laisse déborder par le plaisir de retrouver tous les jours mes jeunes amis. Je trouverai le moment propice de te lire. Il viendra...)
Cher Gilles,
j’entends qu’il admirait les nazis. Mais lorsqu’il s’exprime sur le sort des handicapés, qu’il le fait au milieu de cadres de l’usine Ford, on est pas nécessairement dans l’élimination systématique des nazis mais dans l’usage de la faiblesse. Il se peut que Céline ait été un grand admirateur des nazis et qu’il ait eu des pendants fascistes. Louis Calaferte était bien anarchiste et croyant.
La vie s’infiltre s’il s’agit de débordements qui jusifient que je reporte ta lecture à plus tard. Tôt ou tard je serai à quai, seul. Il sera temps alors de me raffermir à ton contact, en te lisant.
Le Danemark accueillait Céline, le cercueil Brasillach. Et combien d’autres sont restés en France ? Dans "Journal de guerre journal d’un métèque" de Jean Malaquais, l’auteur s’ouvre de sa clandestinité (il était juif). Gide (dont on dit beaucoup de mal) l’a beaucoup aidé. Il lui désigne Giono qui l’accueille. Malaquais ne tarit pas d’éloges sur le comportement chaleureux de Giono et sur le fait qu’il en a caché beaucoup. L’éditeur Denoël "oublie" de verser ses droits de traduction à Malaquais. Il profite de la confusion l’ordure. Gallimard renvoie l’un de ses éditeurs juif, Schiffrin trouve refuge aux Etats-Unis. C’est Varian Fry qui sauvera définitivement Malaquais. Gide lui est toujours demeuré fidèle ainsi qu’à quelques autres, indésirables comme lui.
Il fut le visionnaire qui annonça la grande folie du siècle de la mort de masse, de la mort industrialisée, des suppliciés, de la grande horreur et de la grande pagaille. L’oraison funèbre qu’il annonçait, comme un chien de traîneau flaire la crevasse, certains voulurent presque l’en rendre responsable.
Il ne fut visionnaire de rien du tout, Céline avait juste la plaie d’être homme plus à vif que ceux qui passent leur existence à essayer de gloser sur ce qui les fascine et qu’ils ne comprennent pas. Juste un annonciateur, pas un visionnaire, ni un dénonciateur, ainsi que vous essayez de le croire et de le faire accroire, cher Marc. Céline, la guerre, il l’a attendue, souhaitée. Un soir de 1943, il a reproché à Abetz d’avoir mis les Juifs à l’abri dans des camps pour les protéger des bombardements sur les villes d’Europe ! Ce n’était pas Style, ni Vision, mais Délire, Haine, Ravage... d’humoriste, peut-être !
Que dire ensuite de ça (je vous cite) :
Impossible également de ne pas reconnaître à Céline une méditation intensive autour de ceux qui sont exclus, hors du coup, jugés différents. Il faut noter que Céline a été élevé au moment où la campagne d’hostilité contre Dreyfus battait son plein ; l’affaire commençait même l’année de sa naissance. Donc pas un jour sans entendre parler des juifs. Ce qui a très certainement marqué le garçon. Impossible qu’il ne puisse se persuader, entre dreyfusards et anti-dreyfusards, que les juifs ne forment une société spéciale. Une conviction qui ne devait pas s’accompagner nécessairement d’une hostilité ou d’un antisémitisme particulier. Mais qui demeurait tout de même une vraie porte à l’antisémitisme. Une conception du mot « juif » à laquelle il restera attaché sans jamais lui donner la moindre évolution, et qui lui jouera sûrement quelques tours au moment où Elisabeth Craig, sa compagne, se maria avec cet avocat juif, réveillant en lui, les « monstres » de l’antisémitisme sommeillant. Mais la définition qu’il donne au mot « juif » en étonnera plus d’un, jusqu’à l’antisémite le plus convaincu. Dès lors, deviennent juifs tous ceux qu’ils craint : noirs, jaunes, comme tous ceux qu’il honnit. Gallimard ou Gide crurent, avec Bagatelles pour un massacre, à la farce de conséquence destinée à combattre le racisme par le ridicule. Il suffit de relire aujourd’hui ces piètres pamphlets pour être aussitôt convaincu qu’ils sont véritablement sans « danger ».
Pour commencer je crois que n’importait rigoureusement de rien à Céline le devenir d’Elisabeth Craig dès lors qu’elle l’avait quitté, et même avant si l’on en croit les témoignages de ses amis. Pour le reste, il vous appartient d’essayer de mettre au goût du jour l’insignifiant et tremblant discours qu’il faut tenir sur la judéité : les "piètres pamphlets" de Céline sont à ce point "sans danger" que lorsqu’une dizaine de réacs humoreux se payent la gueule des "ch’tis" dans un stade et sous des caméras guettées par deux millions de mongoliens (pardon pour la comparaison, j’ai le plus grand respect pour les Vrais Mongoliens - un peu comme Céline pour les Vrais Juifs), la bonne doxa du temps en fait deux semaines de fromage à la une de tous les magazines. La bonne doxa, qui pense et vend le monde en rose, qui, trouvant le style tellement sans danger le nie, l’efface et le gomme à longueur de sondages médiamétriques.
Pour finir : il est toujours utile de faire de l’explication de texte, surtout lorsque le texte est de Céline. Mais il ne faut jamais perdre des yeux certaine ligne bleue des Vosges qui était l’horizon des lignes qu’on commente, et celle qui est la nôtre au moment où on les commente. Sinon, on parle d’un autre texte, comme dans les commentaires le soir chez Durand, Fogiel, j’en passe et des meilleurs.
"« Il y avait un mélange d’admiration et d’horreur pour cet ignoble personnage Céline, avec ces ignobles livres, parfaitement illisibles. » (5)
C’est dire combien la haine était grande !"
Je vous cite Marc Alpozzo.
Or justement lorsqu’il s’agit d’évoquer un personnage si manifestement rongé, qui sut parfaitement discipliner sa haine à la "chronique" et puis au style ( !) ; haine dont témoignent ses pamphlets, sa hâte de voir la vermine exterminée et les "déchus de l’existence" exploités, ce produit d’une époque, fait homme, en gène plus d’un aux entournures qui se résignent à l’admirer parce qu’il y va de leur bectance et qui le trouvent horrible car on mange finalement bien mieux dans cette ambiguïté. Que Jean Malaquais qui était juif, à la même époque, soit pardonné d’être si mal ne(Z) puisqu’aussi bien il fallut à Celine du flair pour entrer dans l’histoire en la réprouvant corps et âmes. C’est ainsi pratique. Ce grand pessimisme ressort de la pratique et du pragmatisme qui vous fait préférer une opinion sans équivoques sur le mode d’un style jaculatoire plutôt que d’entrevoir la dimension de l’Ombre. Après Celine tout est fini. Certains crurent naïvement que c’est à dieu qu’on attribuerait le mot de la fin. Et Pauwels l’eut. C’est dire combien ma haine est grande si par une grossière rhétorique il vous venait de réprouver ma réprobation du bonhomme. Songez que nous n’en sommes aux prémices du style. Ce chroniqueur que fut Celine n’a que trop rarement mis en pratique, quotidiennement, la faveur de son style. Nous attendons avec une impatience mal dissimulée qu’un authentique despote oeuvre pour le style et qu’il tienne chronique quotidienne. Il y aura plus de cohérences à remplir des fours crématoires et à nous régaler d’inoubliables pages qui justifieront et illustreront ces actes. Là il s’agira de chroniques. Là seulement. Car lorsqu’on devance les actes par le style ce sont les actes qui deviennent Littérature et le style un programme d’extermination. Dont il ne se cachait d’ailleurs pas.
1)si vous aimez Céline tapez A 2)si aimez Céline mais êtes choqués par son antisémitisme tapez B 3)si vous aimez les pamphlets de Céline mais pas l’antisémitisme tapez C 4)Comment aimer les pamphlets sans ne pas être antisémite ? TAPEZ-Vous ! 5) Peut-on aimer le style de Céline en le dissociant des contenus présentés.
A titre perso c’est le côté hygiéniste de Céline que je ne supporte pas ...Outre son antisémitisme,il ne buvait pas (comme un certain Président) détestait les noirs (après avoir été un pourfendeur de la colonisation admiré de Trostski) , aimait surtout dans chez les femmes la plasticité de leur corps de danseuse...(alors que Lucette Almanzor découverte récemment me semble un être exceptionnel)
voila quelques petits travers de porc
Et si on aime juste la littérature et le style inégalé , on tape ou ?
Ce qui est enorme c’est que sur 10 mecs qui parlent des pamphlets y’en à 1 qui sait de quoi il parle et encore quand je dis 1 sur 10 je suis large. Moi je m’en tape des pamphlets je ne les est pas lu et je ne le ferais pas , je lis pas " Voyage" en me disant à chaque pages "salaud de Facho"... En gros pour vous on à pas le droit de trouver "Voyage au bout de la nuit" comme une des plus grosse claque jamais mangé dans sa gueule ? c’est interdit ? aimé "Voyage" c’est cautionner toute l’oeuvre de Céline,c’est ça votre raisonnement ? Qu’est-ce que vous chercher ? car on pourra toujours dire ce que l’on veut sur Celine l’homme ? l’ecrivain restera toujours et peu importe ce que l’on dit, "Voyage" ne se transformera pas en une daube à l’eau de rose de la nouvelle vedette de la litté française Guillaume Musso ou de Nothomb.
Un correspondant attentif m’a fait parvenir ces liens. Je l’en remercie vivement :
http://www.dailymotion.com/video/x5jg1p_celine-sartre-apostrophes-12_news ensuite
http://www.dailymotion.com/alcyon12/video/x5jffb_celine-sartre-apostrophes-22_news
Celine, Sartre il ne manque que Claudel, Aragon et Françoise Sagan. Claudel le collaborateur, Aragon le stalinien et Sagan l’amie de Mitterand, celle qui négociait des marchés pétroliers dans les dictatures de l’ex-URSS moyennant de considérables backchich... Ne manque à cet émouvant tableau de la littérature nationale que Houellebecq qui s’est tout de même fendu, peu après les gros scores du FN et avant les expulsions, d’un opportuniste et prophétique "les femmes arabes sont des salopes parce qu’elles aiment ça"... Ce à quoi acquiescer un ancien de mes camarades ouvertement proche du PS et bientôt employé d’un journal gratuit de l’UMP. S’il fallait encore prouver qu’il y a d’étroites passerelles entre les uns et les autres.
De petits pas vers la dictature un grand pas vers l’inhumanité. C’est ainsi qu’un peuple pensait avoir marché sur la lune en donnant caution à un despote sur les injonctions à peine voilées de médias acquis à sa cause...
Anis Naccache est libre. Il est l’invité d’une émission de TV. Celui qu’on présente volontiers comme le précurseur du terrorisme islamiste. Battisti et Petrella dont la culpabilité n’est pas établie et la certitude va plutôt à les innocenter de crimes de sang, Battisti et Petrella sont l’objets de poursuites des pouvoirs despotiques italiens et français. Naccache est libre en dépit de ses aveux de participations à de nombreux attentats. Ce n’est donc pas le crime de sang que ces Etats réprouvent. Ce qu’ils réprouvent c’est ce qu’ils craignent : que lumière ne soit faite sur leur réelle nature. Des tyrannies que voilent l’idéologie spectaculaire et marchande. Ce soir des internationalistes belges qui n’ont pas la moindre goûte de sang sur les mains ont été arrêtés en Belgique.
***
jeudi 05 juin 2008 Dégradations sur le chantier de la prison : la sociologue libérée hier soir Gwenola Ricordeau, 32 ans, placée en garde à vue mardi à Paris, par les gendarmes de Rennes, a été remise en liberté hier soir vers 21 h. Les enquêteurs agissaient sous commission rogatoire dans l’affaire des dégradations sur le chantier de la future prison de Rennes en 2004 à Vezin-le-Coquet. Des engins avaient été incendiés. Deux autres personnes, un homme et une femme, ont recouvré eux aussi leur liberté après avoir été entendus en garde à vue.
Gwenola Ricordeau, sociologue, est l’auteure d’ouvrages critiques sur le monde carcéral. Son interpellation avait soulevé l’indignation de nombreux militants. Un rassemblement de soutien avait même été prévu à Paris aujourd’hui si la garde à vue s’était poursuivie.
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On voit Jean-Louis Costes embarqué dans un spectacle où sans équivoques pour illustrer les combats modernes on fait lecture de textes d’Alain Soral et de Marc-Edouard Nabé. Pas de la Boétie, pas de Vérol, pas de Franca Maï, pas de Rivron, pas de Delcuse. L’orientation est claire. Sur un site sans équivoques où l’on se plaît notamment à louer Le Pen et Eric Zemmour on annonce, banderoles bleues, blancs, rouges, Soral au côté de Costes et Nabé, Laurent James. Littérature bleu, blanc, rouge...
http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php ?option=com_content&task=view&id=821&Itemid=157
Nos provocateurs flirtent dangereusement... Marc Alpozzo vous avez le chic pour des sujets ambiguë, Celine et maintenant Costes s’il s’avère qu’il ne se positionne pas comme par ailleurs on l’y oblige il en sera quitte pour que l’on comprenne à quoi on doit des subventions d’Etat...
Albert Camus écrivait, à propos de Céline : « Je continue à penser que l’esprit libertaire ne peut se permettre la plus légère indulgence à l’égard de l’antisémitisme sans se nier lui même et commencer à s’avilir. »
Je pense, même, que Céline nous aurait tout simplement balancé, tous les deux, à ses grands amis de la Kommandantur. J’entends dire ça et là qu’il fut médecin des pauvres, et qu’il ne faisait pas payer. Et alors ? En quoi, cela l’absoudrait de son admiration pour l’uniforme Nazi ?
Encore une fois, on peut être un fieffé salaud, et rester urbain. Céline, c’est pas Wilhelm Reich, lequel, comme médecin psychiatre et communiste marxiste, a payé de sa vie pour ses idées généreuses.

