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Encagé pendant vingt ans dont dix en quartier d’isolement dans des conditions très dures, Jean-Marc Rouillan, co-fondateur du groupe terroriste Action directe, bénéficiant il y a quelques semaines d’une semi-liberté, est retourné en prison pour avoir accordé une interview à un journal où « il ne traitait pas de ses assassinats, mais de son interdiction de s’exprimer et des raisons de cette interdiction ». Jean-Marc Rouillan muselé au silence a préféré les murs plutôt qu’une parodie de liberté.
Bertrand Cantat, leader charismatique du groupe Noir Désir a tué sa compagne Marie Trintignant, décédée sous la brutalité de ses coups, en 2003. Sa peine de huit ans d’emprisonnement s’est muée en libération conditionnelle au bout de quatre ans. Pour cause de bonne conduite. Depuis quelques jours, il ouvre sa bouche et propose deux titres en téléchargement libre. Véritables hameçons pour tester son retour sur les étals des magasins et sur scène.
Pourtant la faucheuse était au rendez-vous dans les deux cas.
La vie d’un patron vaut-elle plus chère que celle d’une comédienne talentueuse ?
Curieuse justice.
Ah ! oui, vous allez arguer que la différence réside dans le fait que Bertrand Cantat ne voulait pas tuer Marie Trintignant. Que l’acte n’était pas prémédité. Mais lorsque l’on frappe une femme, on s’expose également à devenir un criminel. La preuve. Sinon on calme ses nerfs en massacrant les murs.
Dans l’acceptation et l’évidence que l’on peut cogner une femme. Impunément. Les affres d’un couple sont supposées relever de l’intimité.
Les violences conjugales ont encore de beaux jours devant elles... Et la passion a bon dos. « Excusez-moi, c’était un accident ! » Comme l’être humain est fleur bleue, prêt à justifier l’intolérable pour des raisons de coeur. Mais impitoyable, pour les engagements et clairvoyances politiques.
Pourtant, l’un se bat pour changer la société. L’autre prêche pour sa chapelle et sa tirelire. Et même si je ne cautionne nullement la violence employée par Jean-Marc Rouillan, j’ai plus de respect pour lui. Il n’a jamais trahi ses idées.
Aujourd’hui, la machine industrielle du disque se met en marche. Nauséabonde. Comme Bertrand Cantat doit « s’abstenir de diffuser tout ouvrage ou oeuvre audiovisuelle dont il serait l’auteur ou le co-auteur », le mirage mercantile est bien enveloppé : les deux titres sont signés par d’autres et ils sont offerts.
Quel cadeau empoisonné ! ... car caché sous l’iceberg, se profile l’agenda implacable du grand retour de Noir Désir sur scène paré du tiroir caisse qui tintinnabule. Il y a comme un relent indécent dans cette stratégie d’épicier. N’en déplaise aux « fans » qui devraient se poser des questions sur la fascination récurrente qu’exerce sur eux le groupe à nouveau sur pied.
Comment peut-on envisager redonner une virginité à Bertrand Cantat en occultant le spectre de Marie ? ...
La douleur et le manque pour sa famille, ses proches, ses amis ne se cicatrisent pas en chansons. Et une tournée Noir Désir, avec affiches placardées et tout le toutim, relève de l’indécence voire de la provocation.
La loi autorise Bertrand Cantat à chanter. Tant mieux pour lui.
Vous me répondrez que c’est son métier et qu’il faut bien nourrir la famille. Depuis quand, les bons musiciens ont-ils besoin d’une locomotive pour exister ?
Tous les « accidentés » de la vie que j’ai pu rencontrer étaient traumatisés. Rien ne pouvant plus être comme avant, ils effectuaient un virage à 360 degrés en changeant de direction.
Observez ces queues interminables de licenciés économiques, authentiques « accidentés » de la vie que l’on oblige à pointer régulièrement à l’ANPE et auxquels on propose des recyclages éloignés de leurs aspirations. Aux antipodes de leurs désirs. Au bout de deux propositions d’emploi refusées, ils sont virés et finissent au RMI ou à la rue.
Bertrand Cantat lui l’a. Au moins, celui de se taire.
Question d’éthique.
Un jour, une jolie fée, émancipée et joyeuse comme l’air, a rencontré un beauf déguisé en chanteur engagé. Sa voix s’est tue. A jamais.
Elle a payé très cher sa liberté.
Sale destin.
Je te salue Marie.
PS ci dessous le lien pour voir la lettre du Julos Beaucarne
http://julosland.skynetblogs.be/post/4349830/loulou—lettre-a-mes-amis-bien-aimes
Il est courant également d’idéaliser les vivants Fanny au point de les faire passer pour victimes. D’un accident...OU de "graves erreurs irréparables" Mais là n’est pas le propos de cet article
Un groupe s’apprête à repartir comme en quarante comme si de rien n’était...
les salutations ne sont pas automatiquement religieuses !!
il s’agit ici d’un homme qui a tué une femme, d’un crime encore une fois machiste !
la personnalité de marie trintignan n’a rien à voir avec ce sujet : c’est de sa mort et de son meurtre dont il s’agit.
je suis encore et toujours passablement énervée de voir que justement d’autres femmes se montrent incapables de saisir le respect que l’on peut éprouver pour les autres femmes qui ont subit ou subissent des violences jusqu’à la mort. c’est un grand classique de voir ainsi certaines femmes aller chercher les "défauts" des femmes tuées, battues, violées et je dois bien avouer que c’est quelque chose que je n’arrive pas à comprendre ! c’est l’histoire classique des femmes si nombreuses encore aujourd’hui qui accusent et jugent parfois avec une haine et un mépris féroce, celles qui se sont retrouvées dans la position de femme battue/violée/tuée !!
et c’est ainsi que des criminels assassins se retrouvent même avec une minute de silence dans un parlement alors qu’il vient d’assassiner une femme.
et à côté de cela les prisonniers politiques eux sont emprisonnés à mort !!
sur un tout autre niveau cependant, je dois dire effectivement que les morts qu’ils soient hommes ou femmes (mais surtout les hommes d’ailleurs) passent du pire des salauds dans leur vie à des saints une fois qu’ils sont morts . mais ça c’est un autre sujet et à un autre niveau, mais je partage donc votre sensation sur ce sujet qui montre une rélle hypocrisie sociétale si ce n’est plus.
mais pas pour le reste ; et j’espère que vous me comprendrez.
"Même pas repentant", on n’en sait rien puisque la loi le lui interdit, il n’a pas le droit de "parler" de son acte.
Ce qu’on peut comprendre, sans en occulter pourtant les effets pervers.
Je trouve assez honteux d’évoquer la personnalité de Marie Trintignant, quels sont les traits de personnalité (chez une femme bien sûr) qui pourraient justifier sa mort ?
Pour autant, doit on aussi interdire à Bertrand Cantat de recommencer à exercer ce qui était son métier, et son mode d’expression ? Il y a certes des activités interdites à d’anciens détenus selon la nature de leur acte, mais chanter n’en fait pas (pas encore ?) partie.
Bien sûr, la célébrité fausse tout. D’autres bourreaux de leur femme ne cessent pas pour autant de vivre, il en est même qui reprennent la vie commune avec la femme handicapée par leurs soins...
je partage l’expression de franca.
mais, un élément semble difficile à comprendre pour la majorité des personnes, peut être justement parce que cela n’est pratiquement jamais exprimé et je vais essayer d’être claire et de me faire comprendre.
je ne suis en aucun cas une victimiste, ni pour les doubles peines, ni pour des vengeances sans fin. le véritable sujet réside dans le fait que lorsque vous être en contact direct avec des violences qui vont jusqu’à la mort, personne ne sort vraiment indemne, "identique", après ces moments de mort partagé.
les femmes qui ont survécu à ces moments douloureux vous diraient (si leur paroles n’étaient automatiquement détournées ; voilées et volées y compris par des politiques !) ; qu’elles ne peuvent plus vivre "comme avant", que les violences détruisent profondemment et qu’elles doivent se reconstruire autrement. souvent, elles doivent changer de métier, quand elles arrivent encore à en avoir un mais bien en dessous de leurs véritables capacités pour la plus grande partie du temps.
quand un homme tue une femme sous ses coups (ou avec une arme) ; je ne pense pas une seule seconde que cet homme reste le même sauf s’il n’est effectivement qu’un malade mental psychopathe !
les actes de violences marquent à vie comme au fer rouge aussi bien les victimes que les bourreaux. c’est peut être difficile à comprendre mais c’est tout simplement humain et les deux sont totalement dans leur humanité entière y compris lors des violences.
il y a un rapport à la violence qui est totalement faussé dans nos sociétés alors que cela fait partie intégrante de notre humanité. un déni organisé qui par contre créé automatiquement des doubles peines pour les ex victimes qui deviennent alors des tabous ambulants et invisibilisées dans nos sociétés.
il ne s’agit donc pas d’interdire ; ni de remords non plus.
Bertrand Cantat a tué. Il a été jugé. Il a été emprisonné. La justice l’a libéré pour bonne conduite.
Vous ne posez pas la question de la personnalité de la victime ou de son assassin, mais bien celle de l’insertion des ex-taulards. À vous lire, un ex-taulard n’a donc pas le droit de reprendre son métier à la fin de sa peine. Intéressant. Cela signifie qu’un meurtrier doit rester en taule jusqu’à la fin de ses jours ? Ou estimez-vous que la prison ne soit pas suffisante comme sanction, que celle-ci doit se poursuivre tout au long de la vie du coupable ? Ou qu’on doit réserver des boulots pourris aux ex-taulards, qu’ils doivent toujours rester des sous-citoyens ?
Bref, je m’interroge sur les implications profondes de ce que vous écrivez.
PS N’y voyez pas une attaque personnelle, juste un questionnement sur votre position sur ce cas particulier :-) Il s’agit d’un débat.
Je suis d’autant plus embarrassé que lorsqu’est survenue l’affaire de Vilnius j’ai apporté mon modeste soutien à Cantat parce que l’affaire avait pris une ampleur dégueulasse et que dans le même moment éclatait une autre affaire de moeurs, passée sous silence, et concernant Johnny.
Je croyais alors et nous en convenions avec des amis que Cantat finirait soit par se suicider, soit par sombrer dans l’alcool, soit il serait abattu par un illuminé à sa sortie.
Mais oui je suis d’accord avec vous et ce n’est pas tant qu’il refasse un disque qui me choque, c’est qu’il remonte sur scène. Moralement pour les raisons invoquées par Serge Rivron, humainement parce que ça me dépasse qu’il en soit capable.
Si la musique est sa vie et ce qu’il en reste après ce drame, je comprends parfaitement qu’il compose et qu’il enregistre. Mais dans une major ? A-t-il reçu la pression des autres membres du groupe pour demeurer dans une maison de production si rémunératrice ?
Il y a une affaire toute récente et plus encore celle-là est chargée symboliquement. M.Demange député UMP assassine sa maîtresse et se donne la mort. Mme Hoffman-Rispal du groupe socialiste fait observer à l’Assemblée nationale une minute de silence. Son nom circule déjà sur toutes les lèvres. Quand ils ont fait d’une affaire privée une affaire publique, ils ont envoyé un signe fort au peuple de France. Leur arrogance s’accompagne d’une solidarité forgée dans l’ignominie qui nous conforte tous dans l’opinion que nous avons des uns et des autres, à chaque coin de l’hémicycle. En une minute d’un long silence entaché de corruptions, de la mort de sans papiers, de femmes battues et tuées et d’autant qu’elle est femme, de maladies mortelles et de suicides de plus en plus fréquents, de propagation de l’insécurité morale et des troubles psychiques, du malheur qu’elle et les tiens font au monde, en une minute de temps ils ont absous tous les crimes qu’ils commettent soit directement, soit indirectement. C’est une minute chargées de cadavres. Puissent leurs voix résonner durablement dans les têtes de ces députés.
Quand hier au soir Devedjian, ce fourbe, ce cuistre, ce bouffeur d’âme, cette ....... de duplicité osait prétendre la France avait été sensible au sort de cette femme musulmane qui réclamait de divorcer, tout comme son mari, parce qu’elle n’était pas vierge au moment du mariage, c’est l’islam évidemment qui est visé.
Ce pays est un pays raciste et il faut qu’un hongrois et un arménien portent ce racisme comme un sacrement fourbe. A ce pays il importe peu que des femmes soient battues du moment qu’il y a de l’argent. Le sort des familles des victimes est égal parce que l’argent importe seul.
Delcuze Y’a ton frère qui a écrit un livre sur toi, dois-je croire tout ce qu’il dit comme une bible au ai-je le droit de m’exprimer ?
Trop de femmes battues meurent sous les coups Trop d’hommes violents ne se soignent pas
Peut-être Cantat aurait-il pu intégrer dans son plan marketing des concerts militants. Contre la violence exercée sur les femmes par exemple ?
Ce qui donnerait à réfléchir...
Le drame et l’abjection de cette affaire sont bien marchand, une fois encore. Les basketteurs Kobe Bryant, les frères Lavrinovic, le footballeur Robbie Van Persie, le rugbyman Florian Fritz, ont été tous impliqués dans des affaires de viols, reconnus coupables et relaxés cependant. La raison est simple. Ils ont une valeur marchande. Ils servent le spectacle. Le footballeur Godwin Okpara est resté emprisonné lui. Pourquoi ? Parce qu’il avait cessé de jouer au football.
La donne est extrêmement simple. Du moment que des hommes ont une valeur marchande ils bénéficient de toutes les mansuétudes.
Bonjour
Vous avez raison mais avec une femme qui meure tous les deux jours en France sous les coups de son compagnon, une femme de 20 à 59 ans victime de viol toutes les 11 minutes, avec 10000 faits de viol signalés aux forces de l’ordre et moins de 1500 adultes renvoyés aux assises pour ces faits le chemin me semble encore long avant la fin de cette "société" violente.
Merci de votre lecture.
tiens pour une fois je suis d’accord avec le camarade Delcuse !
Bon ceci dit y’a un truc qui me gêne : j’ai une grande admiration pour le courage de Jean Marc Rouillan même si radicalement je suis depuis très longtemps en désaccord tactique avec son chemin.
Et ce qui me choque c’est qu’il soit un point de comparaison avec un gars du show biz !
Merde !
Et je vais parler au nom des millions de gens qui n’ont jamais battus de femmes ou d’hommes, qui n’ont d’ailleurs jamais été aimés et ont toujours été délaissé, je vais parlé au nom de tous ceux dont les manuscrits, trouvés intéressants par des lecteurs voir des auteurs comme certains camarades de ce site, sont insultés par les critiques immondes des lecteurs payés pour ça par des éditeurs comme Drachline dont j’ai fait la triste expérience.
Nous on a le droit de se taire.
On a le droit de ne pas trouver grand chose d’intéressant à la télévision et de ne pas avoir grand chose non plus d’intéressant à trouver dans le show biz, le cinéma etc...
Pourtant on sait écrire on sait penser par nous mêmes on sait fouiller les écrits des autres et développer les nôtres voir on sait chanter correctement on sait jouer d’un instrument et certains ont même des talents inconnus d’acteurs.
seulement voilà on gagne nos vies misérablement dans le désert social dans le néant économique on n’a pas une assez belle gueule pour être médiatisable
d’ailleurs on n’est pas machistes non plus et jamais on ira battre un conjoint tellement un conjoint c’est rare et délicat dans le désert affectif de nos vies !
on n’est connu de personne
on ne sera jamais lu du grand public
on ne montera jamais sur d’autre planches que celle de notre chambre solitaire.
Et franchement Noir Désir et Cantat : On s’en FOUT
Agnès, ne soyez pas d’une malhonnêteté intellectuelle, je n’ai jamais dit cela et vous êtes assez fine pour comprendre la nuance.
Donc pour bien clarifier les choses : Liberté pour Rouillan. Liberté pour Cantat. Droit à l’oubli pour Rouillan. Droit à l’oubli pour Cantat.
Inutile de m’affubler d’oripeaux qui enlaidissent et salissent mon questionnement -sans haine- sur la nature humaine.
Je ne suis ni pour la peine de mort, ni pour la double peine.
J’espérais seulement un peu plus d’élégance et de cohérence de la part de Cantat. Il aurait ainsi trouvé cette « paix » et « ce droit à l’oubli » et peut-être regagné une certaine relative respectabilité.
On ne répare pas la mort malheureusement. Mais on peut soulager la peine et la douleur de l’entourage et des proches de Marie en restant discret ou anonyme.
Et il me paraît fort contradictoire de chercher l’oubli avec la machine promotionnelle d’une major.
Quant aux « boulots pourris », ils sont actuellement imposés allègrement aux chômeurs et aux précaires, sans que personne ne s’en offusque et ne bouge le petit doigt.
Juste un mot, ami Delcuse : Franca ni moi n’avons jamais dit que Cantat n’avait pas "le droit" de recommencer à écrire des chansons, ou des poèmes. Ce qui est monstrueux, c’est qu’il envisage de remonter sur scène, de faire frissonner des foules en liesse musicale avec son histoire de tueur, qu’il la raconte ou non.
Et déjà, très sincèrement, j’ai peine à imaginer pour ma part qu’il arrive simplement à écrire autre chose que l’énorme angoisse qui doit l’habiter, pour essayer de s’en délivrer DANS LE SILENCE.
Je comprend le ressenti de Franca. Je ne me place pas sur le même tableau. Parce que je comprends intimement son propos, je comprends et souffre la main du mâle qui s’abat sur celle qui lui dit d’aller se faire foutre...
Je n’ai pas souhaité m’exprimer directement sur le "fait divers Cantat", parce que je déteste les interprétations médiatiques, je déteste la vindicte, je hais les doubles, les triples, les quadruples peines...
Il y a dans les propos de Franca la légitimité d’un discours face à un meurtre, ... Personne ne peut discuter ça, pas même Delcuse qui maladroitement fini par donner raison (sans le souhaiter) à l’acte... Il n’y a pas que la société qui rend les hommes violents. Il y a aussi les hormones et le dressage machiste que l’on en fait dès la naissance... Ce dressage a de bons côtés, mais il peut aussi en avoir d’autres beaucoup plus malsains...
Il ne faut pas juger Marie Trintignant en ce sens qu’on ne la connaissait pas. Il ne faut pas rejuger Cantat, en ce sens qu’il a droit de ne pas mourir.
Il aurait été bien de faire un parallèle avec ce député UMP qui a explosé sa compagne et s’est donné la mort ensuite. C’est un fait divers traité, déformé par les médias et leurs effluves "poujadisantes"...
Je ne pense pas que l’affaire Cantat/Trintignant ou celle de ce député soient de bons outils pour parler sérieusement de la violence conjugale... Je pense qu’il faut en écrire des livres... En faire des bandes-dessinées. Des expos. De la musique. Des rencontres.
Et je n’aime pas non plus entendre des humanistes, des combattants comme ceux qui sont ici sur Torpedo, sous entendre que les peines ne sont pas suffisantes, qu’il faut se suicider ou porter sa croix toute sa vie lorsqu’on a fauté...
Je pense qu’il faut regarder devant, et défoncer les mecs qui cassent les os de leurs femmes, leurs compagnes, qui traduisent en bleus la peau de celles qu’ils prétendent aimer...
Alors Franca a eu raison de dire les choses comme ça. C’est joliment écrit, plein de hargne, de colère et de désir de justice intime.
Pour ma part, dans le livre que j’ai écrit sur le groupe et son leader, j’ai été factuel, reprenant presque froidement les procès verbaux, et que chacun "lise" cette nuit là à sa manière.
Pour le retour internet de Noir Désir, j’ai été tranché, mais sur d’autres points. Sur celui d’une démarche marketing calculée sur la base d’un retour qui s’avère mauvais...
C’est à lire là (Tu me permettras ce lien Franca) :
http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/post/6441905/le-retour-bacle-debacle-de-noir-desir
Quoiqu’il en soit, ton propos et la façon de l’écrire, Franca, sont adéquats et éveille des sentiments violents à l’intérieur de chacun...
Une femme battue évidemnt, une femme qui sur un tournage passe plusieurs heures de maquillage, d’habillement... Un coup, le moindre coup aurait été remarqué et très certainement témoigné. Alors non, cessez d’être à ce point absurde, et prennez une fois dans votre vie un mélange d’alcool, de drogue et de médicaments, et vous comprendrez ce dont une femme en colère, même la plus petite et angelique soit elle, est capable de faire et la force qu’elle peut développer... (histoire vécu...)
Quant à la polémique autour de Bertrand sur scène, ce n’est pas lui qui revient, c’est Noir Désir... Un groupe qui marque les générations, et dont beaucoup de concerts ne sont pas à des fins personnels mais charitable (kolera no par exemple)...
Cet homme à peut être "tué" une femme mais combien de vie ont pu être sauvé par la sagesse qu’il dégage... A bon entendeur Salut
TU AS RAISON MARIE A ETE CARESSEE PAR LES COUPS ET ELLE S’EST GRIMEE EN CADAVRE...
A bonne mauvaise foi, salut
Je poste ici une réponse que j’avais rédigée le 25 septembre 2005 à propos d’un autre article sur le même sujet qui pose questionnement sur le crime dit passionnel.
L’être humain est fleur bleue. Il trouve toujours des circonstances atténuantes au crime passionnel -histoire d’amour réputée destructrice- où l’un reste à terre pour l’éternité. Il se contente de justifier sa compréhension sertie de mansuétude par un on ne sait pas, on n’y était pas, on ne peut pas juger, cela relève de l’intime. C’est un accident.
Mes pensées se figent sur le feu couple Marie Trintignant et Bertrand Cantat. Leur nuit tragique d’un mois de juillet 2003.
Mes pensées télescopent également ces milliers de drames domestiques où la femme subit des violences conjugales quotidiennes pour finir par un jour se taire définitivement sous les coups d’un compagnon ou d’un mari, laissant sa cohorte d’orphelins, de blessures irréversibles et de tendresse volée.
La passion amoureuse ayant bon dos, comme une explication suffisante et une compréhension complaisante d’une situation volcanique non contrôlée à un instant donné.
Or, lorsque l’on explore les méandres de cette pseudo passion dévastatrice -souvent à sens unique- et que l’on plonge dans l’abîme de l’âme humaine, on y découvre les tares suivantes : possessivité, jalousie, intolérance mais également alcool, drogue et frustration (liste non exhaustive) Rien qui ne ressemble à de l’Amour.
Mais parce que le cœur a ses raisons que la raison ne comprend pas, l’être humain opère un arrangement avec sa conscience et se contente d’écouter les pulsations de l’organe thoracique.
L’être humain est fleur bleue. Il est prêt à comprendre ce qu’il baptiste par commodité et confort moral un « accident » parce que dit-il, « Il n’était pas présent sur le lieu du drame.
Et que ma foi, la vie continue, la vie doit continuer » Même si l’autre, petit tas d’os calcinés ou bouffé par les vers continue sa lente et irréversible décomposition. Laissant son lot de souffrances et de manque à jamais.
La première anomalie de l’être humain fleur bleue vient du fait qu’il accepte l’idée première, que lors d’une dispute, l’un puisse lever la main sur l’autre. Par énervement ou par colère, tel un automatisme toléré.
Or, cogner pour se faire entendre relève déjà d’une prise de pouvoir sur l’autre. L’intimidation remplaçant le respect. Si la colère ou la rage n’est plus contrôlable. Pourquoi l’azimuté de la boîte crânienne, ne tape-t-il pas sur un mur afin de canaliser sa violence sous-cutanée ? Peut-être se briserait-il le poignet et calmerait-il dare-dare ses nerfs à vif... Oui mais voilà, il se ferait du mal à lui-même. Et c’est là que le nœud du problème réside. Il veut faire du mal à l’autre.
Donc, en exerçant ce choix puisque c’est un choix, de diriger le coup sur le corps ou le visage de l’autre, il entame sciemment ou non, le processus de la destruction de ce qui lui échappe, de ce qu’il ne peut pas contrôler. Avec le risque majeur que l’autre ne s’en relève pas.
La parole existant, pourquoi bloquerait-il les mots de sa bouche et utiliserait-il sa force si ce n’est que pour dominer l’autre physiquement en le terrorisant ?
L’être humain est fleur bleue. Toujours prêt à retourner voir les concerts de Noir Désir, en valsant macabrement sur le spectre d’une femme comme si de rien n’était et que le temps s’était suspendu, juste le souffle d’un deuil qu’il estime à deux années. Comme si Noir Désir pouvait toujours être le groupe Noir désir, mythique, écouté et adulé alors que Bertrand Cantat, -voix charismatique du groupe- purge toujours sa peine, derrière les barreaux pour six années encore. Une forme de schizophrénie de l’Art et de son approche. L’écoute dédoublée !
L’industrie du disque qui connaît bien l’être humain fleur bleue capable de tous les compromis pour satisfaire sa nostalgie, sa dose musicale journalière et ses besoins égoïstes s’ébroue dans les eaux malsaines d’une promotion insolente et provocatrice sans tenir compte de la douleur de ceux qui aimaient et aiment Marie. Le tiroir caisse à la main Le bruit des pépites d’or au creux de l’oreille. Le groupe Noir Désir s’est sabordé le jour de la mort de Marie. C’est ainsi. Même si les musiciens n’y sont pas pour grand-chose. Plus rien ne sera comme avant.
Le groupe Noir désir en rédempteur est une partition que certains ne veulent pas entendre. Elle sonne faux et elle perturbe les morts.
Le silence serait bienfaisant.
"La première anomalie de l’être humain fleur bleue vient du fait qu’il accepte l’idée première, que lors d’une dispute, l’un puisse lever la main sur l’autre. Par énervement ou par colère, tel un automatisme toléré."
Oui Franca. Oui.
Lire un article également très intéressant ici : QUAND CANTAT CHANTE
qui soulève d’autres questions et permet d’approfondir le débat concernant la réinsertion des ex-taulards.
sincèrement, je pense que la situation de cantat n’est absolument pas appropriée pour lancer une discussion sur la réinsertion des ex taulards au vu justement de son métier publique d’artiste chanteur.
sa situation est totalement différente de tous les autres personnes ex-prisonniers concernées par la réinsertion. il a un statut très particulier.
quand je lis que la mort d’une femme n’est considéré que comme une "infraction" par la justice, je trouve cela insupportable comme terminologie.
je pense que le fait qu’il chante "déjà" suscite effectivement de vives émotions et que ces émotions sont liées au deuil qui nécessite du temps.
ces notions de deuil sont différentes pour chacunE d’entre nous, donc c’est vraiment difficile comme expression de ressenti.
il ne s’agit pas de détourner ces deuils - autant différents que chaque personne qui se sent touchée par cette mort ; pour chacunE ses propres raisons et vécus - vers une fausse accusation de vouloir faire doubler les peines encourues, de la vengeance, vouloir lui faire porter des croix imaginaires (car personne ne peut connaitre ce qu’il vit et ressent : cela lui appartient), voir lire cela comme un appel au lynchage ou à un relent de la peine de mort , je disais donc qu’il ne faut pas transposer ce besoin de deuil en accusation de stigmatisation et de punition trop vite, ce sont des jugements bien trop rigides et bien trop limités qui ne tiennent pas compte des réalités humaines simples mais essentielles contenues dans ce genre de drames et où le deuil tient une part importante et très longue.
la fatigue se fait ressentir, j’espère que mon expression n’est pas trop confuse car je pense que c’est important dans la situation actuelle de bien mettre les choses à leur place et le deuil est une étape essentielle pour tous et toutes, ils étaient tous deux des personnes publiques ; nous sommes donc nombreuxSES à avoir un deuil à faire.
la violence des réactions suscitées par le retour de Cantat, sa dimension irrationnelle est à la mesure de ce que chacun a investi de manière symbolique, dans ce drame : rage, révolte face à la violence faite aux femmes battues, admiration pour l’artiste, entre autres, dénominateurs communs les plus évidents. j’appréciais pour ma part beaucoup les deux artistes et la mort de Marie Trintignant de la main de Cantat m’ a abasourdie comme beaucoup d’entre nous. je ne m’exclus donc pas de la cohorte de ceux qui investissent cette histoire de leur propre affectif. néanmoins, je ne me risquerais pas à une analyse pseudo-psy de ce couple pour en retirer les culpabilités de chacun et me construire un scénario propre à conforter mes convictions. il me semble aussi très déplacé de refaire le jugement, chacun y allant de sa propre sentence, morale pour ne pas dire pénitentiaire. "Cantat est un salopard qui n’a pas purgé une peine suffisamment longue, Cantat devrait avoir la décence de ne plus paraître en public." toute honte bue, jusqu’à ce que mort s’ensuive. condamné à vie au silence à titre moral par de nombreuses personnes de bonne foi, qui, par ailleurs se croient probablement de gauche. un assassin libéré est-il par essence dépouillé de sa liberté de penser et de s’exprimer ? Bertrand Cantat a purgé la moitié de sa peine, il a accepté un accord de liberté conditionnelle qui implique qu’il n’évoque pas publiquement les faits pendant quatre ans, pas de renoncer à écrire et/ou chanter sur des problèmes de société dans le cadre de Noir Desir.
Comparer cela avec le choix de Jean-Marc Rouillant est un amalgame que lui-même refuserait de cautionner. Jean-Marc Rouillan se définit, à juste titre me semble-t-il, comme un prisonnier politique, et son refus d’offrir à l’Etat et à l’ologarchie dominante un repentir exigé depuis vingt ans est d’autant plus essentiel en ces temps de terrorismo-psychose fabriquée. Non, la comparaison ne tient pas. De même pour les détenus anonymes, sans appui, sans argent. Ou encore les RMI-stes contraints d’accepter n’importe quel emploi.
Ceci étant dit, Bertrand Cantat a l’opportunité de renouer avec son activité créative et, dans le même temps, son art et avec des liens sociaux et artistiques de longue date, pour le moment ponctuellement, et je me réjouis que cet être humain, contrairement à d’autres, puisse ainsi avoir une chance de se reconstruire au sortir de prison et d’un acte dont la culpabilité continuera de l’écraser longtemps, à n’en pas douter, sans qu’il soit besoin de l’enterrer collectivement vivant.
Est-ce que l’on est un enterré vivant à partir du moment où l’on n’a plus de visibilité médiatique ?
Je ne le pense pas, sinon cela ferait de ce pays (et de tous les autres) un vaste cimetière.
Est-ce refaire un procès à Cantat que d’être estomaqué de constater que le grand barnum de la thune va pouvoir redémarrer une fois ses marques marketing putassières reprises (car ne nous y trompons pas : ces deux titres en téléchargement libre ne constituent qu’un tâtement de terrain) ?
Je ne le pense pas non plus. Cantat ne doit plus rien à personne, mais sa vie d’artiste grand public me semble à jamais compromise. Et ça, ce n’est pas moi qui l’ai décidé, et encore moins lui. C’est la visibilité médiatique de sa personne, et de la personne qu’il a involontairement supprimé. La visibilité médiatique est une lame à double tranchant qui dans un sens débroussaille la voie vers le succès économique et personnel, dans l’autre revient te massacrer la gueule, tel un boomerang à cran d’arrêt.
"Sic transit gloria mundi"
Sirieix
Eh ! bien, Franca, tu as déclenché une sacrée logorrhée !
On hallucine, à vrai dire, à lire certains commentaires, ici ou ailleurs, comme un truc en passant où quelqu’un explique qu’on serait mal avisé de condamner Cantat à mort alors qu’on ne l’a pas fait quand Verlaine a tiré sur Rimbaud !
Comme s’il s’agissait pour toi de condamner à mort ou au suicide qui que ce soit ! comme si Verlaine n’avait pas subi un traitement légal tout aussi humiliant que celui de Cantat ! Comme si Verlaine avait tué Rimbaud ! Comme si, avant de tirer, ou après, il avait été chanteur à succès ! chanteur engagé pour l’amour et la fraternité, yé , yé !
Et tous ceux qui refont l’histoire d’une passion, le procès, en prétextant qu’on n’y était pas, que l’abus d’alcool et de bizarres substances excuse tout, que Marie était hystérique, que c’est un accident quand on mesure un mètre quatre vingt dix et pèse 100 kilos de viande entretenue de mettre son poing dans la gueule d’une femme et basta !
Et ceux, grands âmes, qui implorent qu’on foute la paix à un pauvre homme, en faisant mine d’ignorer que c’est leur pauvre homme qui précisément à choisi de sortir à grand fracas de la paix à laquelle il a effectivement droit.
Je cherche une différence entre eux, et ces culs-bénis qui communient et ressortent de l’église en montant dans leur 4x4 sans le moindre regard au clodo qui leur ouvre la porte. Je ne la trouve pas. Ils sont pire, peut-être, avec leurs accusations d’intolérance, l’indifférentisme total qui imbibe leurs arguments. Qu’une petite voix (ici la tienne) ose s’élever contre l’impudeur du show-biz et, si par hasard c’est leur vedette à eux qui incarne cette impudeur, c’est la petite voix qui est réac, fasciste, bobo, sarkozyste !
Bon, j’espère que le petit tour de recensement auquel ton article a donné lieu les aura satisfaits : rassurez-vous, les fans, vous êtes encore nombreux !
Le parallèle n’est pas compliqué à comprendre cher timoré Delcuse
"L’un chante et l’autre pas..."
"l’un se bat pour changer la société. L’autre prêche pour sa chapelle et sa tirelire."
L’un écope de 20 ans L’autre de 8 mais n’en fait que 4 et des brouettes
"La vie d’un patron vaut-elle plus chère que celle d’une comédienne talentueuse ?"
Pour le prisonnier politique l’Etat vengeur fait passer le message suivant : "Voyez ce qu’il vous attend s’il vous prend l’envie d’imiter AD, on ne vous lâchera jamais "
Pour "l’accidenté frappeur" victime d’une montée d’adrénaline incontrôlée : Tu peux t’éclater sur scène mon gars et engranger ta thune, ce n’est "qu’une fée d’hiver" et Roulez jeunesse ...
Ca laisse un grand boulevard aux futurs cogneurs. (A bien réfléchir, en quatre ans à l’ombre, on peut même apprendre à chanter.)
Finalement l’individualisme s’en sort mieux que les engagements politiques
Que ton poisson rouge chante comme seuls savent faire les poissons. En ouvrant la bouche sans émettre de son.
Rivron, ne mets pas tout le monde dans la même boîte.
ça t’arrange donc de dire que tous ceux qui ne veulent pas entendre parler de double peine, et surtout de bannissement pour celui qui a purgé sa peine de taule de merde, sont des fans transis de Cantat...
Allons, je vois soudain l’anarcho, ou le coco qui soudain, se fout de ses principes et décide qu’il y a une hiérarchie dans le taulard...
Le pas connu "victime de sa condition sociale qui a savaté sa femme parce qu’il était, certes, hormonalement, détraqué, et le connu qui " avec toute l’image médiatique de gauche porteuse qu’il contenait dans son épine dorsale, sa pine de chacal a pulvérisé de la même manière sa gonzesse"...
Mais lui c’est le chef des casseurs de gueule de femme... Lui il mérite le bannissement, le ferme ta gueule sale bourge, t’as buté ta femme alors t’as plus le droit de faire de la musique, tout du moins on veut pas le savoir sale race...
L’autre taulard issu de la classe sociale la plus basse lui a droit au Pardon des gauchos (que de termes bibliques dans les propos de ceux qui étaient censés cracher dessus, à croire que le christiannisme a gagné, enfin, à gauche !)...
Je n’accepte plus ce dégueuli à répétition... Ici on hiérarchise le meurtre ? Il y a des meurtres socialement acceptables ? Et d’autres non ??? Mais on rejuge, Rivron, depuis deux jours...
Et ce qui décontenance maintenant sur Torpedo, c’est pas de causer sur une affaire privée, jugée, condamnée, c’est qu’ici des alterneux parlent comme des poujadistes hiérarchiquement à l’envers... Je pensais qu’on valait mieux que ceux qu’on combat... Non décidément, on ne vaut rien... Et Rivron, sache que chez les anarchos, il y a des nihilistes, qui ne croient plus en personne. PERSONNE !
ALORS REMETTONS CANTAT DANS NOS TAULES DE PRO-de la réinsertion de la taularde...
Je ne le défends pas lui, mais je me suis refusé à le juger... On n’a pas ce droit là. Ou alors nous sommes des grosses ordures dégueulasses, d’infâmes frustrés, des aigris, DES CATHOLIQUES...
On se fout de tout ça... Franca ne parlait pas de la millionnième condamnation de ce mec, elle voulait parler de la violence en millions que les hormones puissantes des hommes provoque... Elle voulait exprimer une chose simple : la déception que les femmes intelligentes ressentent (tout comme plein de mecs) au contact de mecs intelligents lorsqu’ils deviennent des bêtes...
Les noms étaient de trop. Il aurait suffit de généraliser... Et peut-être que des hommes qui tuent s’en veulent à mort d’avoir, et ils voudraient le dire, se battre pour que ça ne recommence plus... Mais il n’y a plus que des églises évangélistes pour accueillir les anciens taulards, les meurtriers, les pardonner... Je le sais, j’en ai rencontré tellement... Et je pensais justement que c’était aux gens de gauche de recueillir leurs tourments, leurs mal-êtres... Leur dire qu’ils ne sont pas des monstres, qu’ils ont fait une erreur, que tout le monde le sait, qu’eux-mêmes le savent... Je vous jure qu’il le sait, qu’ils le savent. Qu’ils se suicident, qu’ils vivent ivrognes et clochards, qu’ils se shootent aux antidepresseurs, qu’ils se tapent des putes à répétitions, qu’ils essaient de s’excuser, qi’ils deviennent alcooliques, qu’ils butent sans fin et à jamais toutes les femmes qu’ils rencontrent, ils s’en veulent... Et notre devoir, ça n’est pas de les juger, c’est de les sortir de là, avec toutes nos forces...
Rivron...
Andy, Régis, Delcuse,
amis virtuels et pourtant déjà anciens,
je n’oublie pas "La Chair" - puisque c’est une imprécation que m’a adressée Régis, et que vos interventions à tous trois me la renvoient. je cite Andy Vérol, à présent :
Je n’oublie pas la Chair, et le texte de Franca qui a déclenché toute cette polémique (que je me permets peut-être à tort de juger surannée) ne l’oublie pas non plus, il me semble. Contrairement à ce qui est affirmé ici ou là péremptoirement, je n’ai pas l’impression que Franca ait jamais voulu JUGER Cantat - en tout cas pas moi. Pendant le long délire médiatique qui a suivi le meurtre, je n’ai pris aucune position, contrairement à des milliers d’imbéciles de tout bord cherchant qui à excuser Cantat, qui à le justifier, qui à le condamner. Parce que la Chair est la Chair, et la passion une forme malheureuse mais réelle de l’amour."Qu’ils se suicident, qu’ils vivent ivrognes et clochards, qu’ils se shootent aux antidepresseurs, qu’ils se tapent des putes à répétitions, qu’ils essaient de s’excuser, qi’ils deviennent alcooliques, qu’ils butent sans fin et à jamais toutes les femmes qu’ils rencontrent, ils s’en veulent... Et notre devoir, ça n’est pas de les juger, c’est de les sortir de là, avec toutes nos forces..."
Des liens que je n’ai jamais non plus mis en avant pourtant me rendaient proche de cette affaire, et encore plus embarrassé que ne l’imaginent tous les pitoyables fans de l’un ou de l’autre. Ceux qui ne sachant rien et ne voulant surtout rien savoir clament aujourd’hui qu’ils savent mieux que quiconque qu’on ne peut rien savoir et qu’il faut donc soit demander "la double peine", soit retourner dans la fosse brailler avec la "poésie" réinsérée.
Toujours dans ces liens, je n’aurais jamais imaginé que ce qui se passe depuis la mise en distribution libre des nouvelles chansons de "noirdez", comme ils disent, puisse survenir.
La Chair est la Chair, et qu’elle est triste, putain ! Franca, me semble-t-il, voulait juste le rappeler à celui qui paraît aujourd’hui n’entendre de ce constat que "putain". Alors après, qu’on essaye - et il le faut - de trouver toutes les excuses qu’on peut au meurtrier, qu’on invoque son talent et son droit de l’exprimer, qu’on se cherche mille raisons de préférer qu’il ait chanté l’amour et le rechante pour oublier qu’il a, "accidentellement" ou non, donné la mort... Encore une fois, ce n’est pas Franca qui a remué le couteau dans la plaie de celui dont il est incroyable de penser qu’il soit à ce point innocent qu’il la fouille en public. Et l’ayant ainsi publiquement fouaillée, je ne suis pas certain que ce soit les paroles de Franca qu’il ait espérées ni redoutées le plus. Comprenne qui pourra, et que n’advienne pas ce que je ne suis pas le seul à craindre.
Amicalement à tous, Cantat et les Trintignant compris.
Amis rédacteurs et rédactrices, lecteurs ou lectrices connus ou anonymes.
Contrairement à d’autres forums sur la toile où l’insulte l’emporte sur la réflexion, le e-torpedo souhaite privilégier les rapports civilisés et matures et ne validera aucune attaque personnelle hors sujet.
Merci donc de continuer le fil de cette discussion dans les règles de l’art pour un débat constructif.
Que de messages sur ce double sujet..
"fausses fenêtres pour la symétrie" comme dit justement Daniel Bensaid sur des sujets plus politiques...
Je n’ai pas lu le "billet" de Franca.
65 réponses sur ce billet, il doit être costaud.
Cantat vs Rouillan... Deux poids deux mesures ?
Si c’est l’idée du billet dommage.
Ce site est fantastique de profondeur, mais quand même quelque part " nous ne sommes pas du même monde’..
Je crois avoir déjà commenté sur ces deux mecs..
Ni Cantat ni Rouillan, je me sens souvent pov’con..
Alors je me casse.
je n’était pas repassée voir le débat depuis 24 heures, mais je vois que je suis chaudement habillée pour l’hiver gratis, ce qui n’est pas superflu par les temps qui courent.
Qu’on m’autorise quelques précisions.
régis, je ne m’étendrais par sur la forme, mais le fond me gêne : tu me fais dire ce que je n’ai pas dit, et n’ai jamais pensé, de manière assez stupéfiante. je ne m’en tiendrais qu’au sujet Cantat pour clarifier mon propos, et aussi faire suite au commentaire de sirieix.
le fait que Cantat, avec Noir Desir, re-signe avec une major et re-joue le cirque médiatique, son retour à une certaine visibilité médiatique, n’est pas à mes yeux la question essentielle, pas ce sur quoi je souhaitais principalement exprimer un point de vue. ce qui ne signifie pas que j’approuve (ou que j’ai jamais approuvé dans le passé) ce choix de signer chez une major.
au passage, Cantat a écrit sur le social et le politique, avec une certaine volonté contestataire mais surtout un réel talent littéraire. Je n’en ferais pas pour autant un artiste représentatif d’une pensée libertaire. En paroles ou en actes.
Andy, Delcuse, je partage votre point de vue.
au-delà du cas Cantat, ce dont il est question entre les lignes de ce débat, c’est de la zonzon dans ce qu’elle a de plus aliénant pour l’individu, lorsqu’on y est et lorsqu’on en sort. Des doubles, triples voire quadruples peines. Du contrôle social exercés sur les ex-taulards. De la sanctification de la victime. De la perverse hypocrisie de la ré-insertion dans le corps social. De l’ostracisme moral dans lesquels vivent les ex-taulards. De l’absence d’empathie pour leur souffrance, autre double peine toute pétrie de morale individuelle et collective. De leurs difficultés immenses à se reconstruire psychologiquement.
alors, s’il faut faut vraiment enfoncer à multiples reprises des portes ouvertes sous peine d’être jugé partisan de la classe dominante, oui, oui, le fait d’avoir de l’argent, des appuis, une notoriété, facilite la vie d’après. Sur le plan matériel.
il me paraissait (et me parait encore plus) nécessaire de souligner la dimension excessivement émotionnelle de ce débat, les projections symboliques que chacun porte sur l’affaire. Parce qu’elles conduisent à instaurer une hiérarchie dans le crime acceptable, ou pas, dans sa propre échelle de valeurs Parce qu’elles rendent soudainement sourds à ses propres convictions d’être humain de gauche ou libertaire (je me garderais bien de ranger quiconque d’entre vous dans une boîte à la seule lecture de vos commentaires). ce qu’Andy développe davantage et très justement.
simple invitation à prendre du recul.
deux réflexions pertinentes : http://blog.monolecte.fr/post/2008/11/20/Quand-Cantat-chante http://www.yetiblog.org/index.php ?
oui c’est cela ; détournons vite le sujet et encore plus vite notre regard...
tout comme andy le propose d’ailleurs : Je ne pense pas que l’affaire Cantat/Trintignant ou celle de ce député soient de bons outils pour parler sérieusement de la violence conjugale... Je pense qu’il faut en écrire des livres... En faire des bandes-dessinées. Des expos. De la musique. Des rencontres.
d’ailleurs cela permettra peut être à certainEs de se faire connaitre ou de gagner du fric dessus ; voire à gonfler des égos déjà bien gonflés,
pas étonnant que rien ne change au cours des siècles !
alors laissons les politiciens manipuler et faire de la victimisation à outrance pour justifier toutes ses politiques les plus réactionnaires et répressives, laissons les politiciens rendre les hommages !
oui, détournons nos regards, la mort et la violence (conjugale) dérangent tellement !
bonjour gilles, tu vois bien qu’il ne s’agit pas ici de prison (ni de justice, ni de condamnations d’ailleurs). et tu as raison, la prison n’est pas une solution pour personne, mais c’est la politique actuelle voulue et instaurée : privatisations absolues et répressions massive qui passe par la prison.
mais cela n’est pas le sujet, pas plus d’ailleurs que la "réinsertion" post carcérale qui amha n’est qu’une restriction détournée du sujet, bien que cela soit un sujet important en soi.
je pense qu’il s’agit vraiment de deuil, or ici il y a plusieurs aspects : le premier c’est que le public aussi a un deuil à faire car ils sont tous les deux des personnes publiques. et l’autre aspect, c’est que cantat devra en plus gérer son propre deuil, il va porter sa responsabilité (au-delà de toute "justice", vengeance, "punitions" et il va ainsi porter marie avec lui. c’est à lui de trouver comment vivre son propre deuil et ses responsabilités, c’est à lui de trouver comment assumer tout cela et trouver comment vivre et cela lui sera d’autant plus difficile et complexe qu’il sera constemment confronté au public. c’est un chemin long et douloureux, mais justement cela fait partie du processus de deuil qui est un processus évolutif et très long. En choisissant de (re)monter sur scène, il se retrouve aussi non seulement face à son propre deuil et responsabilité, mais il "provoque" le deuil du public.
il faut qu’il trouve comment il va transcender tout cela sans le nier, sans s’autodétruire non plus et en plus il a actuellement choisi de le faire sous le regard du public.
Cela concerne aussi quelque chose dont pratiquement tout le monde détourne le regard : ce sont les actes violents et meurtriers et comment nous les vivons, pourquoi nous les vivons et qu’est ce que cela signifie dans nos sociétés et dans nos vies.
j’appréciais beaucoup Marie Trintignant, mais si ce drame s’était produit entre gens anonymes, on n’en ferait pas toute une histoire publique sordide...
Bertand Cantat a payé sa dette, même s’il n’a pas purgé complètement sa peine d’emprisonnement initiale ; beaucoup d’assassins anonymes ayant commis un crime passionnel suivent le même parcours...et continuent de vivre avec leur peine de cœur qui reste le vrai châtiment !
Je comprend l’engagement féministe, je l’approuve,il est nécessaire et a toute ma sympathie...
Mais comparer un crime passionnel et un assassinat politique prémédité est complètement hors de propos...
Bien à Vous
Ce n’est pas une comparaison Fred mais un parallèle.
"il me semble, en opérant cette rencontre improbable entre Rouillan et Cantat, c’est qu’effectivement nous vivons dans une société où il vaut mieux tuer sa femme dans un moment d’égarement que tuer un industriel par conviction (quoi que l’on pense de telles convictions, d’ailleurs)" (lire la réponse complète d’un des intervenants à ce forum)
J’ai établi ce parallèle pour souligner les différences de traitement entre un prisonnier politique et un chanteur engagé ayant commis un "accident" passionnel. Tous deux ayant purgé leur peine.
Ce qui ne veut absolument pas dire que je suis pour une double peine ou une toute autre hérésie comme le suggèrent des lecteurs sur d’autres forums où cet article est en ligne.
Mais le fait est que L’un chante et l’autre est muselé. Rouillan étant retourné à la case départ.
Cette réalité m’interpelle.
Bien cordialement
Franca,
Je comprends que cette réalité vous interpelle, il y a toujours eu un traitement particulier pour les "accidents" passionnels par la justice... c’est pour cela que j’ai fait référence à l’engagement féministe,parce que j’estime qu’il est justifié...
Trop de Femmes subissent encore les assauts de conjoints incapables de s’exprimer autrement que par la violence (j’ai fait partie de ceux-là dans ma jeunesse mais j’en suis sorti, rassurez-vous !) et chaque nouveau cas en est un de trop !
Mais, selon mon expérience, le véritable châtiment est constitué de souvenirs, de culpabilité, de honte... il est accompagné d’un travail d’autocritique, d’une remise en question très profonde, parfois de psychothérapie, pour finalement en retirer quelque-chose de constructif, de positif...
Voilà pourquoi j’ai tenu à réagir votre article...
Je le trouve cohérent, maintenant.
Bien à vous
Découvririez-vous la justice ? Penseriez-vous que nous sommes tous égaux devant les juges ou les médias ? Votre parallèle entre Cantat et Rouillan me choque. Entre un meurtrier qui doit regretter son acte, et un assassin qui assume encore son geste ; entre un chanteur qui respecte, et un militant qui ne respecte pas, l’obligation de ne pas s’exprimer sur leur affaire ; est-ce le crime ou la nature de la victime qui prédomine ? Une pauvre femme contre un immonde exploiteur, la mort de l’une est impardonnable, celle de l’autre admissible ?
Le féminisme en est-il réduit à surfer sur la mode victimaire actuelle pour trouver encore une justification ? En est-il encore à fustiger le machisme, sous toutes ses coutures, pour nous faire oublier une réalité sordide du mouvement féministe : son échec et son sectarisme.
Ce n’est certainement pas ce que dit cet article DRAMSTEIN.
POUR FAIRE SIMPLE "l’engagement paillettes" a une meilleure vie que l’engagement d’un prisonnier politique. Et la machine du disque rayé bien huilée !
Quant aux préjugés sur le féminisme, je te les laisse les offrir aux futurs frappeurs "déroutés" par leur "passion".
La rubrique des chiens et chats écrasés va vite se remplir avec ce signal fort lancé par la justice.
Et puis peut-être qu’il faudrait apprendre à lire avant de s’improviser "choqué" !
Ce qui est bien FLO, avec les gens large d’esprit, c’est qu’on devient tout de suite un imbécile lorsqu’on ose avoir un avis différent.
On a encore le droit d’avoir son opinion, même si elle n’intègre pas votre dogme. On peut encore se révolter sur un acharnement fanatique, un parallèle scandaleux entre un meurtre et un assassinat, sans justifier les agissements des brutes qui tuent des femmes tous les jours.
"L’engagement paillettes" a une meilleure vie que l’engagement d’un prisonnier politique ?
L’argumentation des clichés est la parfaite illustration de votre discours. C’est bien de donner des leçons de sémantique, mais lisez le code pénal avant de comparer Cantat et Rouillan.
Cantat a payé pour son crime. Il ne se pose pas en homme qui revendique son geste et qui glorifie les violences contre les femmes.
Franca Maï a son opinion, je la respecte même si je ne la partage pas. "Improvisez" cette posture au lieu de rabaisser un contradicteur.

