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perdre son temps
Ecumer le réseau ou De l’art de se perdre dans ses avatars.
Oh merveilleux réseau ! Depuis le temps qu’on m’en parlait de Faceuhbooukeuh...il a bien fallu aller voir. Un de mes éditeurs - je ne sais lequel- m’ a intronisé à l’insu de mon plein gré et par l’opération de quel Saint Esprit je m’y suis retrouvé. . Alors une fois pris dans les rêts du réseau...j’ai creusé un peu le sillon. Ce qui est incroyable avec ce réseau c’est qu’au début tout le monde il veut être votre ami. Ajouter votre ami qu’il disait...comme on ajoute un peu de sel à un vaste désert d’hommes.
Parfois j’ai eu des amis célèbres (encore un coup du Saint Esprit) comme par exemple Cerrone l’inventeur du disco ! J’aurais pu tomber plus mal. Mais qu’est-ce que j’ai à lui dire à ce monsieur Cerrone ? Ma foi...Au début j’ai accepté tous les amis qui se présentaient. C’est toujours réconfortant d’avoir plein de gens qui se disent vos amis. Surtout en période de crise. Après je suis allé chercher des vieux amis. Un peu comme "les copains d’avant". Et là déprime garantie. Sur le mode "que sont-ils devenus ?’...
Car justement ils sont pas devenus grand chose.On essaie d’échanger un peu et là catastrophe. Un coup à se prendre vingt ans dans la tronche. Dans une troisième phase de pratique de Facebook, l’intérêt un peu mesquin prend le dessus. Vous visez les amis prestige ou ceux dont le voisinage peut vous valoir un supplément d’âme en termes d’images. Vous faites même votre casting d’amis en fonction des photos.Narcissisme oblige. Au bout du compte vous vous sentez un peu seul. Vous lisez les "murs" des uns et des autres, vous avez honte de certains amis qui sont en fait de gros ringards, vous en éliminez certains, parfois vous faites ami ami avec n’importe qui...
Sur Facebook on vit dans l’illusion qu’on a des amis . Mais ces amis sont des faux amis.
Alors tout le monde piètine. On s’échange des mels d’une vacuité intenable, on s’échange des musiques de merde, des photos dans des situations stupides, on parle de tout et sur tout de rien. On croit à tort pouvoir faire la promo de ses petites prestations mais rien n’intéresse moins un ami que les siennes propres. Les amis de Facebook ne vous épargnent rien de ce qui n’intéresse qu’eux.
Il y a toutefois des choses amusantes. Je suis arrivé sur Facebook à me faire ami avec un de mes pires ennemis. Un type immonde qui m’a viré , il y a quelques années. Un scénar pour Chabrol...Vrai de vrai.Mais le tout venant de Facebook est plus sinistre.La réalité du virtuel est aussi âpre que la réalité tout court.
On croit se faire connaître alors qu’on n’est qu’un avatar de plus dans la grande chaîne d’un néant organisé à des fins publicitaires.
ben oui Jean-Laurent...
on y va sous le coup de la pression sociale d’autant plus forte qu’on est justement dans la mouise en cette période de récession d’activité durable...
en plus on traîne franchement la patte à remplir les formulaires, stéréotypes de cultures auxquels maintenant on est obligé de s’inscrire, alors qu’il faut bien dire, qu’on n’a rien à y répondre de soi-même...
et puis y’a la découverte de la niaiserie générale...
qui fait qu’un jour on se dit qu’on va se désinscrire : et là, découverte qu’on ne peut pas se désinscrire !
une fois qu’on est dans le truc, impossible d’en sortir !
fiché à vie par soi-même ! indéfiniment !
encore un truc "durable"...
lamentable...

