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Le monde et nous
Ça se précise. Après la Grèce, voilà l’Espagne véritablement au bord du chaos financier. L’information a été lâchée lundi 14 juin par Frankfurter Allgemeine Zeitung et relayé par François Leclerc dès le lendemain sur le blog de Paul Jorion.
D’après le journal EL Economista daté du mercredi 16 juin, médecins européens et instances internationales (Fonds monétaire internationale et Trésor américain) s’agitent avec fébrilité pour dégager une perfusion de 250 milliards d’euros de toute urgence. Avec la Banque centrale européenne en infirmière de choc.
D’après François Leclerc toujours, la part des crédits accordée par la BCE à l’Espagne est montée en flèche depuis mai dernier. Car plus aucun marché financier ne veut prêter directement un fifrelin à l’agonisant. Et les banques espagnoles, vilains canards, sont lâchées comme des malpropres par le reste de la basse-cour.
De vagues promesses de retour à l’équilibre en guise de garanties, dans les conditions de débandade actuelle, merci bien ! Le syndrome grec au grand galop, mais avec des conséquences sur-multipliées.
Bien évidemment, les milieux officiels autorisés minimisent en chœur la gravité de la situation : pronostic vital pas du tout engagé, puisqu’on vous le dit !
Gageons que les sommets des chef d’État européens le jeudi 17 et du G20 les 25 et 26 juin auront du mal à pondre des communiqués de santé totalement rassurants.
Une course contre la montre mal engagée
Comme tous les pays européens, l’Espagne (sous baguette “socialiste”) s’est lancée comme une forcenée dans des plans draconiens d’austérité (“d’économie”, comme ils disent).
Reste juste à savoir si cette course contre la montre entre la réduction des déficits et la satisfaction des impitoyables échéances sera suffisante. On peut légitimement en douter.
Car le problème, dans cette nouvelle montée abrupte de la Grande Crise, c’est que le peloton européen commence à montrer de sérieux signes d’essoufflement. Pas un des coureurs qui ne rame pour échapper à la voiture-balai des agences de notation. Et ne voit-on pas désormais la Grèce chercher sa survie du côté de la Chine ? Les deux oreilles et la queue seront européennes
Les lecteurs les plus obstinément "Lagardiens" pourront rabâcher une énième fois que tout cela concerne encore un autre pays que la France et que celle-ci “s’en sort plutôt moins mal que ses voisins”.
Le problème, c’est que les banques françaises, elles, tout comme leurs consœurs allemandes et britanniques, sont parmi les plus dangereusement engagées dans un pays hispanique proche de l’estocade.
Engrenage infernal qui se rapproche et périls qui montent, qui montent comme les petites bêtes. Quand les banques trinquent, ce sont les États qui dérouillent. Et quand les États dérouillent, les humbles citoyens finissent toujours par déguster.
Au final, ce sont bien les oreilles et les queues européennes qui risquent d’y passer.
Source : Chroniques du Yéti

