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- 1 - La tyrannie du mensonge

Catégorie société
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(GIF) Cette nouvelle série d’analyses m’est inspirée par plusieurs événements difficiles de ma vie actuelle. Elle fait suite à ce premier article nommé : Le cœur de l’essentiel : L’humanité - Généralité que j’avais écrit à un moment où je ne pensais pas partir dans une telle direction. Lorsque la série sera achevée, j’inclurai, sans doute, le premier texte, mais comme une introduction générale peut-être légèrement remaniée.

Dans cet « hors série » provisoire, mon souhait était de montrer qu’au-delà des idéologies et des religions, deux choses voisines pour ne pas dire identiques, il y a l’homme et ses faiblesses. Selon ma compréhension des phénomènes humains, il y trois faiblesses majeures qui détruisent la possibilité du vivre ensemble : l’orgueil, la cupidité et le mensonge...

Et la marque principale de certaines religions institutionnelles (vrai aussi, cela va de soi pour les sectes), de nombre d’idéologies et du plus grand nombre de pouvoirs est de réunir en eux, ces trois faiblesses mortelles pour toute unité humaine. Les buts de tout mensonge

Il n’y a pas une seule raison d’user du mensonge, il y en a une foule. Cependant, on comprend, si l’on n’est pas trop de mauvaise foi, que l’orgueil s’en sert toujours comme arme principale : L’orgueilleux veut le pouvoir ; qu’il s’agisse du pouvoir sur un pays, sur sa famille, ses relations, bref, sur tout ce qu’il croise au cours de sa vie. L’ego hypertrophié de l’orgueilleux mène inévitablement, et même, obligatoirement au mensonge.

Le mensonge et l’orgueil, même si l’importance du premier dépend de la gravité du deuxième, sont intimement liés et inséparables. L’humble véritable n’a nul besoin du mensonge. A quoi cela lui servirait-il puisqu’il ne cherche aucun pouvoir et que le paraître lui est indifférent ?... Sa sagesse est trop grande pour s’abaisser à vouloir dominer qui que ce soit, par un pouvoir ou un quelconque paraître. L’humble véritable comprend naturellement que vouloir dominer, c’est toujours s’abaisser au rang le plus méprisable, puisque tout amour réel et désintéressé est éradiqué de la pensée comme des actes de l’orgueilleux.

Il y a, bien entendu, le mensonge des faibles. Celui-ci, nous le pratiquons tous, un moment ou un autre au cours de notre vie. O combien prétentieux serait celui qui affirmerait qu’il ne ment jamais ou, du moins, qu’il n’a jamais menti... Même lorsqu’on a la haine du mensonge, il est des situations, heureusement rares, qui nous livrent au mensonge. Parce que nous ne savons plus comment faire autrement, parce que notre conscience nous dit que tel ou tel acte est indigne, que cette indignité soit petite ou grande et qu’il nous est particulièrment difficile de nous reconnaître nous-mêmes indignes...

Ceux-là cherchent moins le pouvoir que le paraître. Mais le paraître, au bout du compte, n’est-il pas également une forme dérivée du pouvoir ?

Il en va de même pour la recherche de la séduction à tout prix. Cette « manipulation » hautement sophistiquée, largement pratiquée par presque tous les politiciens, par la majorité des dirigeants en tous domaines, par toutes les professions du paraître, mais aussi par les femmes ou les hommes « en mal d’être », est nécessairement la marque de la volonté de dominer ou « d’acquérir et posséder » l’autre, ce qui n’a toujours rien à voir avec le respect de cet autre ni avec l’Amour dans son sens le plus absolu. Pourquoi parler du mensonge ?

Je tiens à préciser, une fois de plus, parce qu’il serait étonnant que mes propos ne soient pas déformés et diffamés, je songe à la suite de l’analyse, que je ne suis pas un maître à penser, que je ne suis ni philosophe ni créateur d’une nouvelle idéologie, pas plus que je ne cherche à créer une nouvelle religion avec ses adeptes. Je ne revendique qu’une chose : être une conscience qui s’exprime, avec ses limites, ses doutes, mais aussi, ses certitudes. On ne peut s’engager dans la vie publique par ses écrits sans aucune conviction. Ces analyses, je ne les impose à personne, mais les soumets au jugement de vous tous qui me lirez.

Si je veux vous parler du mensonge, c’est surtout comme introduction nécessaire pour la suite de ce que j’ai à écrire et qui, je le crois, ne sera pas léger. Une partie de cette suite, me vaudra vraisemblablement la haine d’un grand nombre.

Cette introduction par rapport à l’ensemble de l’analyse, ne veut montrer qu’une part des dégâts graves que provoque le mensonge. 0n ne peut pas comprendre la vie actuelle et son cortège de souffrances si l’on ne comprend pas que le mensonge « institutionnalisé » est la façon privilégiée par l’ensemble des pouvoirs pour écraser la plus large part de l’humanité. Pour comprendre combien certaines méthodes que nous verrons par la suite sont destructrices de toute cohésion sociale, destructrices aussi des vérités les plus élémentaires, au travers de certaines techniques, comme certaines idéologies, qu’elles soient laïques ou religieuses, il n’est pas inutile de rappeler ce que produit comme dégâts souvent immenses le mensonge de tous, de nous tous, à tous les niveaux de la vie.

Et, si je tiens à vous parler du mensonge, comme je l’ai dit en bien d’autres endroits, ce n’est certainement pas pour vous faire un cours de religion ou de morale. Cela dit, en ce qui me concerne, l’idée de « morale » ne me heurte pas tant qu’elle respecte la liberté de chacun, tant qu’elle est au service véritable de tous, tant qu’elle ne se transforme pas en dogme et diktat et, au bout, en condamnation définitive de celui qui ne s’aligne pas sur le dogme. Cette « morale » qui fait peur à tant de contemporains, cette notion qui les rebute tant, je la vois, pour ma part, comme un ensemble de règles minimales pour pouvoir vivre ensemble, au-delà de nos intérêts personnels, de nos désirs et de tout ce qui peut écraser les autres...

Le but essentiel de ce premier article de la série est donc de voir ou revoir quelques aspects de ce que produit le mensonge, c’est-à-dire une profonde destruction à tous les niveaux de la société et de l’individu. Ainsi, le mensonge produit d’immenses dégâts, et ceci de la plus petite cellule composant la société, la famille, dans sa forme traditionnelle ou contemporaine, dans sa forme hétérosexuelle ou homosexuelle, jusqu’à la plus grande forme, la société prise dans son ensemble.

Il n’est pas niable, si l’on veut être un tant soi peu crédible, que l’usage du mensonge est de plus en plus fréquent et cela dans toutes les couches de la société ; comme il n’est pas sérieusement crédible de penser ou d’affirmer qu’il n’a pas de conséquence, qu’il ne provoque aucun dégât. Le mensonge n’est jamais innocent !

De plus, si nous nous plaçons au niveau des résistants au système marchand et répressif, c’est-à-dire l’idéologie néolibérale mondialisée, si donc nous avons la prétention de nous dire en recherche d’un « nouveau monde possible », il ne nous est pas possible de faire l’économie d’une profonde réflexion quant au mensonge et à son usage. Comment voulez-vous traquer le mensonge, là où il se trouve, autrement dit dans tous les rouages du ou des pouvoirs, si nous le pratiquons nous-mêmes, plus ou moins assidûment ? Quelques dégâts générés par le mensonge

Le mensonge est un viol : Le mensonge viole la conscience de celui qui le pratique comme de celui qui en est victime. Il est l’une des marques les plus évidentes de l’irrespect de l’autre, implicitement considéré comme un être à manipuler pour l’amener là où nous voulons, que ce soit ou non son intérêt. Le mensonge est une effraction de l’âme et de l’esprit de celui qui subit ce mensonge. Il s’agit toujours de s’introduire dans cet être, de force, d’en prendre le contrôle sous des apparences le plus souvent douces, mais quelquefois violentes, ce qui s’apparente (doux ou violent) au viol de l’intégrité de l’âme et de la conscience de la victime choisie.

Le mensonge est fait pour tromper l’autre sciemment : Le mensonge est toujours une profonde marque de mépris de l’autre. C’est particulièrement vrai dans le cas de la tromperie d’un partenaire, marié ou pas. Comment comprendre la tromperie au sein d’un couple autrement que comme l’expression d’un profond mépris de l’autre, que l’auteur de la tromperie en soit ou non conscient ?

Il faut avoir vécu cette situation pour comprendre l’immensité de la souffrance imposée au travers du mépris infligé à celui ou celle à qui l’ont disait : « Je t’aimerai toujours ! ». Les excuses fournies ne sont encore, dans la majorité des cas, que d’autres mensonges, fait à la fois à l’ancien partenaire, mais aussi à soi-même pour continuer à se supporter et s’accepter. Si nous avons gardé un tant soi peu de conscience, elle nous dit toute la laideur et la force de destruction imposées à l’autre... La souffrance engendrée par ce mensonge en amène certains à se suicider... Où est l’innocence du mensonge ?

Le mensonge tue : Cela peut paraître surprenant qu’une parole murmurée ou criée, puisse tuer. Pourtant, il suffit de penser aux rumeurs, toujours à base de mensonges, petits ou grands, colportées, ici ou là, par toute une chaîne d’humains qui ne peuvent ignorer le mal qu’ils produisent et colportent, qu’il s’agisse de puissants ou de notre voisin ou de nous-même... La diffamation dont ont été victimes certains les a conduits, là encore, au suicide. En apparence, il s’agit bien d’un suicide, mais face à la vérité incontournable, il s’agit d’un meurtre dont l’arme est le mensonge...

Le mensonge rend impossible une vie commune, une cohésion nationale : Le mensonge est la rupture majeure de l’état indispensable pour vivre à deux comme pour vivre en société. Il détruit l’élément essentiel qui fait le ciment entre tous, la confiance ! Or, je prétends que nulle vie n’est véritablement possible sur une longue durée si la confiance n’est pas son moteur principal. La confiance, je la comparerais volontiers à l’air que nous respirons. Qu’il vienne à manquer et nous suffoquons. La mort suit, plus ou moins longtemps après. Cette mort n’est pas que physique et personnelle, elle concerne aussi la mort des sociétés. Lorsque le mensonge, donc la manipulation, prend de très grandes proportions, on en arrive aux guerres civiles, on en arrive aussi à la Shoah...

Le mensonge est une plaie : La souffrance qu’induit le mensonge grave est comme un fleuve de sang qui sort de l’âme des victimes. Je sais, il ne s’agit que d’une image, mais songez-y bien et vous verrez que cette image est bien le reflet de la réalité. Ce sang qui s’écoule de l’âme des victimes, c’est l’humanité souffrante qui ne peut pas vivre sans confiance, c’est tout le goût de la vie qui s’écroule à mesure que l’on découvre qu’on ne peut plus qu’accorder parcimonieusement notre confiance tout autour de nous, du plus petit niveau au plus élevé du pouvoir, mais aussi au sein même de nos familles ou de nos proches.

Héritage judéo-chrétien ? Et alors !

On me dira que mes réactions et analyses concernant le mensonge sont typiques d’un judéo-chrétien. La belle affaire ! Il n’est pas besoin d’être croyant, et ceci en n’importe quelle religion, n’importe quelle spiritualité, mais aussi n’importe quelle vie sans la moindre notion de croyance en un être supérieur, pour comprendre la nécessité vitale de pouvoir faire confiance en l’autre, comme en tous les autres.

Il n’est pas difficile de comprendre que toutes les dictatures, toujours, sans la moindre exception, ont pour base principale le mensonge. La dictature qui s’installe aujourd’hui, sous couvert de libéralisme est un double mensonge. Non seulement cette idéologie affirme à qui veut l’entendre que si nous appliquons ses règles, le bonheur humain sera assuré, mais de plus, elle ose affirmer qu’elle est la démocratie achevée, qu’elle est « la fin de l’histoire », qu’elle est « indépassable », alors que toutes les décisions prises par les pouvoirs, partout dans le monde, depuis au moins trente ans, ne sont jamais soumises aux peuples.

Et l’on comprend mieux pourquoi tant de monde étouffe dans la société actuelle, ici comme partout dans le monde, que cette société soit française ou non. Et l’on comprend mieux le désarroi qui saisit tant d’humains face à cette société qu’ils ne peuvent plus comprendre tant la confusion est épaisse.

J’ai reçu beaucoup de courriers de gens, surtout de gens simples, de ces gens qui n’ont jamais pris part aux mensonges qui nous écrasent : Ces gens me disaient qu’ils ne comprenaient plus rien.

Comment pouvons-nous vivre quand la totalité des pouvoirs ne respire et n’agit que par le mensonge ?

Leurs mensonges volent notre possibilité de vie, ils volent toute notre vitalité, toute notre énergie, toute notre capacité créative. Les mensonges, à ce niveau des sociétés, sont pareils à un cancer qui ronge tout le corps que représente l’humanité dans sa totalité. Ces cellules cancéreuses, si minuscules soient-elles en nombre, contaminent peu à peu toutes les cellules, donc, tous les humains.

Quelles conclusions tirer de tout ceci ?

Une conclusion, je le crois, est à tirer de façon urgente. Qui, aujourd’hui, n’use pas du mensonge jusqu’à l’abus ? Les pouvoirs, évidemment, mais nous tous aussi. Il sert à quoi, dès lors, de lutter contre les mensonges d’Etat et de politiciens carriéristes, si, chez nous, dans nos foyers, en couple, en famille, au travail, entre amis, nous pratiquons le même déni de vérité ?

En politique, en idéologie, en commerce et finance, et malheureusement dans certaines sphères religieuses, la raison d’être du mensonge est et reste de semer la confusion dans l’esprit des hommes, si possible de tous les hommes. La lumière qu’apporte la vérité ne permet jamais de pratiquer les basses œuvres des politiciens, financiers et idéologues, qu’ils soient ou non religieux.

L’aspect ténébreux qu’inclue toute confusion est le terreau de tous les abus, de tous les crimes. C’est un bouillon de culture qui, peu à peu, tue toute la société, montant les uns contre les autres, en fonction des intérêts des menteurs.

Si nous voulons commencer à ne plus être victimes de l’immense confusion actuelle, alors commençons par nous débarrasser, en nous-mêmes, de ce crime qui s’appelle le mensonge...

Nous verrons, lors de la suite, différents aspects du mensonge et de la manipulation des esprits. J’aborderai, dans les prochains jours, l’une des façons les plus odieuses et les plus insidieuses d’un mensonge très contemporain pratiqué avec frénésie

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Publié le 15 septembre 2005  par Jean Dornac


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