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Ca va mieux ? Vous vous y retrouvez un peu ?
Voilà, maintenant que les pièces sont en place pour comprendre un peu mieux son fonctionnement, commençons à analyser les tenants et aboutissants. Le fait que le fameux « trou de la sécu » existe ne fait aucun doute. Voilà maintenant bien une dizaine d’année (1996 environ) que l’on nous parle de ce trou et que nos dirigeants ont une fâcheuse tendance à nous montrer du doigt en nous désignant comme principaux responsables.
De plus, ils insistent lourdement sur le fait que l’assurance maladie a une part dans ce trou et qu’il va falloir se faire à l’idée suivante :
« Il faut dégraisser le Brontosaure »
Le rapport 2004 et les perspectives 2005 donnent les résultats suivants :
| En milliards d’euros | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 |
| Régime général | _ | _ | _ | _ |
| Maladie | - 6,1 | -11,1 | -11,6 | - 8,3 |
| Accidents du travail | 0,0 | - 0,5 | - 0,2 | - 0,5 |
| Vieillesse | 1,7 | 0,9 | - 0,3 | - 1,7 |
| Famille | 1,0 | 0,4 | - 0,4 | - 1,1 |
| Total régime général | - 3,5 | -10,2 | -11,9 | -11,6 |
Donc un trou global de 11 Milliards d’euros.
Et bien en regardant le tableau plus haut, on voit qu’il est de 8,3 Milliards d’euros.
Nous avons vu l’évolution des dépenses, mais qu’en est-il de celle des recettes ?
En regardant le détail de la ventilation des recettes, nous voyons :
| CSG, Impots, Taxes : | 33,2% des recettes |
| Transfert et contributions de l’Etat : | 07,3 % |
| Cotisations sociales : | 51,3 % |
| Autres contributions : | 08,2 % |
CSG, Impots et Taxes :
La CSG représente l’essentiel de ces recettes (40,1 milliards d’euros). Les autres prélèvements concernent les taxes sur l’alcool, le tabac, les contributions de l’industrie pharmaceutique.
Transfert de l’Etat :
L’essentiel de ces transferts concerne le remboursement par l’État à l’Assurance Maladie de l’exonération partielle des cotisations sociales pour certains types d’emploi.
Autres contributions :
Ces recettes proviennent essentiellement de la régularisation de prestations lors d’exercices antérieurs, ou de recours contre tiers (par exemple, lors d’un accident de voiture, l’Assurance Maladie se fait rembourser les soins apportés à l’assuré victime de l’accident par l’assurance de l’assuré en tort).
| Produit net | Variation | en 2003 | Variation | en 2004 | Variation | en 2005 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| _ | en Md€ | en% | en Md€ | en% | en Md€ | en% |
| Produit de cotisations | 3,5 | 2,5 | 4,0 | 2,8 | 5,0 | 3,4 |
| CSG | 1,1 | 2,4 | 1,5 | 3,0 | 4,1 | 8,1 |
| Autres impôts | 0,3 | 14,9 | 0,8 | 31,6 | 1,6 | 52,4 |
| _ | _ | _ | _ | _ | _ | _ |
| Transfert du FSV | 0,8 | 8,2 | 0,7 | 6,6 | 0,5 | 4,1 |
| dont :- prise en chage de prestations | 0,1 | 2,8 | 0,2 | 4,4 | 0,2 | 5,0 |
| ........- prise en charge de cotisations | 0,7 | 11,9 | 0,5 | 8,0 | 0,3 | 3,6 |
| _ | _ | _ | _ | _ | _ | _ |
| Remboursements d’exonérations | 0,3 | 1,9 | 0,9 | 5,3 | 1,1 | 5,7 |
| dont :- FOREC | 0,6 | 4,2 | -15,4 | _ | 0,1 | _ |
| ........- Etat | -0,3 | -10,8 | 16,4 | _ | 1,0 | 5,2 |
| _ | _ | _ | _ | _ | _ | _ |
| Remboursement de prétations par l’Etat | 0,2 | 2,9 | 0,3 | 5,6 | 0,3 | 5,3 |
| _ | _ | _ | _ | _ | _ | _ |
| Dotations reprises et ANV sur produits | 0,9 | _ | 0,2 | _ | -1,1 | _ |
| - dont opérations sur FOREC 2000 | 1,1 | _ | 0,0 | _ | -1,1 | _ |
| _ | _ | _ | _ | _ | _ | _ |
| Autres produits | -0,2 | -6,2 | 0,9 | 24,8 | 0,4 | 8,4 |
| _ | _ | _ | _ | _ | _ | _ |
| TOTAL | 7,0 | 3,1 | 9,3 | 4,0 | 11,8 | 4,9 |
Dans un contexte macroéconomique encore peu porteur, le régime général bénéficie en 2005 des recettes nouvelles décidées dans le cadre de la réforme de l’assurance maladie
Les produits du régime général ont augmenté de 4,0 % en 2004, après 3,1 % en 2003.
La croissance de la masse salariale du secteur privé, sur laquelle environ les deux tiers des produits du régime général sont assis, a augmenté de 2,8 %, après 1,9 % en 2003.
Les autres assiettes ont également été plus dynamiques qu’en 2003. La CSG a ainsi augmenté de 3,0 % en 2004, après 2,4 % en 2003.
D’autres effets ont contribué à la croissance des produits en 2004. La branche maladie a bénéficié d’une hausse des droits tabacs (+600 M€), de la nouvelle taxe sur le chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques (100 M€), d’un remboursement par les régimes de sécurité sociale étrangers de près de 500 M€ (après 300 M€ en 2003) , et pour la première fois d’une contribution de la CNSA au financement des créations de place dans les établissements médico-sociaux (110 M€). Pour la branche vieillesse, le transfert du FSV au titre de la prise en charge des cotisations des chômeurs a augmenté de 500 M€ (+ 8,0 %), en raison notamment de la hausse du chômage en 2004.
En 2005, malgré une évolution encore très modérée de la masse salariale, les produits connaîtraient une forte croissance (4,9 %) due aux augmentations et aux créations de
recettes prévues par la loi de réforme de l’assurance maladie d’août 2004. La CNAM doit ainsi bénéficier d’un rendement accru de CSG (2,3 Md€), d’une hausse des droits tabacs (1 Md€), d’une nouvelle contribution additionnelle à la C3S (0,8 Md€). Pour sa part, la CNAV enregistrera en 2005 les produits liés à l’adossement au régime général du régime de retraite des industries électriques et gazières (versement de cotisations, paiement d’une fraction de la soulte). Le régime général ne bénéficiera plus en revanche du produit de 1,1 Md€, enregistré en 2003 et 2004, correspondant à la reprise par la CADES de la dette du FOREC au titre de l’exercice 2000.
La dérive des dépenses est continue depuis des années et a été évaluée à 2,8 milliards d’euros par la CNAMTS ; depuis 1996, année à partir de laquelle le Parlement a fixé un objectif de dépenses par une enveloppe déterminée appelée ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie), pas une seule fois celui-ci n’a été respecté. Les études de la CNAMTS et les travaux du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie montrent que tous les postes de dépenses augmentent de façon structurelle sous l’effet de :
. l’allongement de la durée de vie
. l’évolution du coût des traitements
. des comportements consuméristes vis-à-vis du système de santé
. de la croissance des prises en charge à 100 %.
La conjoncture comme le niveau du chômage ont un impact certes important, mais beaucoup moins que les causes structurelles. A titre d’exemple, les prises en charge à 100 % ont progressé de 11 % pour la seule année 2003.
Vous avez remarqué, dans ces quatre causes, il y a un pont commun. C’est vous et moi qui cumulons quatre vices : nous vivons plus vieux, nous achetons des médicaments de plus en plus chers dés que nous nous ennuyons et un peu plus tard nous nous mettons en invalidité totale....nous sommes des salauds !
Les causes évoquées par nos gouvernements successifs existent vraiment et les chiffres le prouvent. Les mesures prises fonctionnent de temps en temps et permettre de placer un pansement sur cette jambe de bois. Mais est-ce tout ?
Les recettes de l’Assurance Maladie étant essentiellement constituées par les prélèvements sur les salaires, le chômage a bien évidemment pour effet de les diminuer. Le calcul de cette diminution n’est pas aisé car le montant des salaires que percevraient les chômeurs s’ils travaillaient n’est pas connu. Si l’on estime que ce salaire serait compris entre le SMIC et le salaire moyen, un point de chômage (soit 250 000 personnes environ) représente une perte de recette comprise entre 0,6 et 1,2 milliard d’euros par an.
Et oui, encore ce chômage. Ces salauds de chômeurs non seulement ne travaillent plus, mais en plus, ils s’arrangent pour tomber malade. Le voilà le fléau, n’aller pas chercher plus loin. Et bien oui, mais c’est là un des rôles de la sécu que de proposer à tous, une couverture santé correcte. Ces chômeurs ont cotisés avant et vous, oui, vous aussi vous pouvez devenir chômeur demain. Alors plutôt que de nous imposer de passer un médecin généraliste unique, ils feraient mieux de réfléchir sur le fond.
Je vous fais grâce ici des problèmes induits par le stress, la menace des licenciements, enfin tous les paramètres sociologiques (les dépressions augmentent chez les cadres, le harcèlement moral, etc...) qui font office de boomerang et permettent aux dépenses de prises en charge de s’envoler.
Malgré tout ce que l’on nous dit sur la difficulté des entreprises et le dédain français par rapport en l’entrepenariat (voilà encore une invention maligne pour faire taire tous les débats), je vois tout de même que les grosses entreprises françaises ne se portent pas si mal :
« Les 40 sociétés membres de l’indice vedette parisien ont dégagé en 2004 des bénéfices nets totaux de 57 milliards d’euros. C’est 64% de plus qu’en 2003 et surtout 24% de plus que le précédent record historique de 46 milliards d’euros. Lequel avait été atteint en 2000. » (l’Expansion, Mars 2005)
« Le premier semestre 2004 aura été plutôt faste pour les grands groupes français. Les entreprises classées au CAC 40 (les plus fortes capitalisations boursières) affichent presque toutes des profits en forte hausse. Sans surprise, le groupe Total, profitant de la flambée des cours de l’or noir, engrange le plus gros résultat net, 4 milliards d’euros. Juste derrière, les leaders de la banque et de l’assurance présentent, eux aussi, des progressions exceptionnelles, + 621 % pour Axa, et + 40 % pour BNP-Paribas, qui, avec la Société générale, est devenu une véritable " machine à profit ", comme l’écrit le Monde. Mais les autres secteurs ne sont pas en reste, comme le montre notre tableau (voir page 4). Les actionnaires de ces champions peuvent jubiler : selon les prévisions d’un bureau d’études spécialisé, Jacques Chahine associés, les groupes du CAC 40 devraient enregistrer cette année une hausse de 22 %, en moyenne, de leurs bénéfices nets par action. Et l’" Observatoire des riches ", tenu par le magazine Challenge, confirme la tendance : les 500 plus grosses fortunes professionnelles, après avoir connu un - relatif - repli ces dernières années, sont nettement reparties à la hausse (voir article page 5). Parmi celles-ci, et en bonne place, un certain Ernest-Antoine Seillière, président du MEDEF mais aussi actionnaire de Marine Wendel, et qui continue sans vergogne de dispenser ses recommandations d’austérité salariale au gouvernement, jugeant notamment le smic " trop élevé ". »
(l’Humanité, Aout 2004).
Et oui, mais n’oubliez pas, il y a entreprises et entreprises. Il y a le petit patron près de chez vous qui rame, fait 60 heures et ne peut pas embaucher et puis il y a les machines à profit (Total, etc...). Si le profit n’est pas en cause, sa valeur absolue et sa source (sur le dos de qui) est en cause.
Pour une valeur de 100 :
La sécu reverse 95 au patient (5% de frais de gestion,
rapport chadelat)
Les mutuelles 85
Les assurances 75
Qui a la mauvaise gestion ?
La CSG a pris une part croissante du financement de l’assurance maladie. Depuis 1990 où elle avait un taux de 1,1% à aujourd’hui où son taux atteint 8,1%, elle a fini par couvrir environ un tiers de celui-ci par basculement progressif des cotisations sociales dites salariales sur la CSG. A son origine, ses créateurs lui avaient donné comme objectif d’élargir le financement de l’assurance maladie à tous les revenus, salariaux ou non, perçus par les ménages. Une première contribution des revenus du capital était donc inaugurée, qui apparaissait comme un progrès puisque la CSG était non déductible du revenu imposable au titre de l’impôt progressif. Une petite dose de progressivité était introduite à l’intérieur d’un impôt proportionnel.
Au fil des années, les gouvernements ont peu à peu augmenté le taux de la CSG en instaurantla déductibilité presque totale. La CSG est donc de plus en plus un impôt foncièrement injuste et le résultat est aggravé par le fait que 85% de la CSG sont payés par les revenus salariaux qui ne représentent que moins de 60% de la valeur ajoutée.
7,8 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes sur le tabac
3,5 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes de l’alcool
1,6 milliard non reversés à la Sécu des assurances auto pour les accidentés de la route
1,2 milliard non reversé à la Sécu de la taxe sur les industries polluantes
2 milliards de TVA non reversés à la Sécu
2,1 milliards de retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés
1,9 milliard de retard de paiement par les entreprises.
C’est-à-dire : 20,1 milliards d’euros Ces chiffres sont issus du rapport des comptes de la Sécu pour 2003.
Vous avez d’un coté des prestataires qui consomment des médicaments. On leur dit de consommer des « génériques » plutôt que de prendre des médicaments plus particuliers qui ont pourtant la même molécule mais qui sont plus chers. Ces prestataires font des efforts mais de toutes façons prendrons les médicaments sur le marché. En plus, ces salauds de prestataires, en consomment beaucoup trop.
De l’autre coté vous avez les fabricants de médicaments. Attention, ce ne sont pas des entreprises comme les autres, ce sont THE entreprises. Des monstres financiers qui font des bénéfices colossaux quelque soit la conjoncture (voire plus la conjoncture est difficile, plus ils font des bénéfices). Ces bénéfices, ils les font car ils vendent des médicaments à ces mêmes salauds de prestataires. Et ils ne les vendent pas à perte, permettez-moi de vous le dire.
Au secours ! Pauvres Labos
Allez surhttp://www.latribune.fr/
Suspense autour de la taxe sur le chiffre d’affaires
Une taxe de 1,96 % sur le chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique, comme prévu dans le PLFSS 2006, rapporterait 450 millions d’euros à l’assurance-maladie. Les députés l’avaient ramenée à 1,5 %, soit un manque à gagner de 100 millions d’euros par rapport au taux initial. Les sénateurs ont relevé cette fameuse taxe à 1,96 %... jusqu’à ce que la commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) coupe mardi la poire en deux à 1,76 %. Le Parlement devrait définitivement adopter dans la nuit ce PLFSS qui vise à réduire le déficit de la Sécu à 8,9 milliards d’euros.
Pauvres labo ??
http://www.humanite.presse.fr
Pauvres labo ??
http://www.monde-diplomatique.fr
Civisme des labos :
http://www.dossiersdunet.com/
Cela n’a pas empêché Sanofi Synthélabo d’emprunter 16 Milliards euros aux banques pour donner aux actionnaires d’aventis (racheter leurs actions). Voir article : http://www.humanite.fr/. C’est l’état qui paie, donc vous et moi.
Enfin, sachez que l’Etat fait un autre cadeau aux laboratoires pharmaceutiques. Ces labos doivent annoncer la baisse prévue pour un nouveau médicament (une fois que les frais de recherche ont été amortis). Un médicament peut être par exemple prévu à 35% de baisse après un an. Dans la réalité, ces médicaments ne baissent pas ou très peu. L’Etat ne réagit pas ... (rappel : Quand un laboratoire crée un nouveau médicament, il bénéficie d’un brevet d’exclusivité d’environ 20 ans. Après ces 20 ans, d’autres laboratoires peuvent fabriquer ce même médicament. Ce médicament s’appelle un "générique".).
Un exemple :
http://www.france.attac.org
Pourquoi ces consortiums ne paient-ils pas plus de taxes qui seront retro-cédées aux différents systèmes de soins nationaux ? Pour quoi l’Europe n’harmonise pas ce mécanisme à chacun des pays membre ? 450 Millions de taxes perçues, c’est vraiment une goutte d’eau en comparaison des profits énormes qu’ils retirent de la consommation de médicaments ...
Les effets pervers de la rupture des crédits et des ressources sont innombrables (Hopital 2007 est un autre exemple colossal). Pour les illustrer voici un exemple réel :
. on accorde moins de personnel aux maisons spécialisées pour les personnes âgées
. il y a ainsi moins de personnel pour les garder, surtout la nuit
. on les fait se coucher plus tôt
. ils se réveillent donc plut tôt
. on leur donne alors des médicaments pour qu’ils dorment plus longtemps (calmants,...)
. ces médicaments ont des effets secondaires et entre autres des endormissements
. ils font des chutes et ce de manière plus fréquente
. on les soigne pour des fractures du bassin ou autre
amènera très vite à des systèmes de modulation des cotisations en fonction du « risque », c’est à direde l’âge et de l’état de santé. La communication du dossier médical permettra tout d’abord auxassurances de contrôler et de rentabiliser leur contrat aux cas par cas. Le dernier volet du Plan Juppé, la 4ème ordonnance promulguée en 2001, traduisait dans le droit français les directives européennes, et impliquait une modification du Code de la Mutualité. L’esprit de cette ordonnance, prélude aux réformes actuelles, est la mise en concurrence directe entre les Mutuelles et les assurances privées, impliquant notamment un accroissement très important des réserves obligatoires. C’est dans ce mouvement que l’essentiel des mutuelles ont fusionné depuis 2002, intégrant la Mutualité française.
Celle-ci joue le rôle de Cheval de Troie des réformes libérales en acceptant d’accompagner le désengagement de l’assurance maladie, en augmentant ses tarifs pour combler les déremboursements,se transformant progressivement en une assurance comme les autres.
Je ne parle même pas ici du fait qu’en accordant moins de crédits aux hôpitaux publiques, certains malades sont envoyés en centres privés et avec un coût nettement supérieur de ce fait.
De plus les établissements privés voient leurs dépenses augmenter beaucoup plus vite que dans le public (et oui, il y a des poncifs à revoir) :

Je me sentais obligé d’en faire un chapitre à lui tout seul, car nous touchons ici le sublime de la déliquescence politique. Non seulement on enrage de se faire prendre pour des cons, mais de plus nous nous apercevons que le mélange des genres et la magouille comptable semblent être l’apanage de nos dirigeants. La légère analyse du fonctionnement de la CADES rend l’ipéca inoffensive.
VI.1.b - Le FSV (Tableau III.3)
Fond de Solidarité Vieillesse
Ce fonds de solidarité vieillesse (FSV) verse le minimum vieillesse et certains avantages familiaux. Il verse aussi des cotisations au titre du service militaire, du chômage et de la préretraite. L’Etat l’a crée en 1993 et une dette s’est tout de suite crée.
Mais dès le début, le gouvernement a transféré à cette Caisse une dette du Fonds de Solidarité Vieillesse (FSV) qui n’était pas prévue (elle devait être remboursée à l’Etat par une augmentation de la C.S.G déjà intervenue à cet effet !). Outre que les assujettis vont payer deux fois, le montant de cette dette rajoutée est de 1,9 milliards par an soit 24,7 milliards en 13 ans. Cette somme comprend beaucoup d’intérêts car le gouvernement ont décidé de calculer les intérêts à partir de 1993 (date du début de la dette) où les taux d’intérêts étaient très élevés et non à partir de 1996, date de reprise par les CADES, où les taux étaient bien moindres...
En 1998 Jospin transfère environ 10 milliards de « trou » (déficits de 1996 et 1997) à la CADES et, pour que cela ne se remarque pas sur les bulletins de paie, prolonge le prélèvement CRDS jusqu’en 2014. Les citoyens devront verser 22 milliards d’euros de plus.
En 2001, les socialistes, dans la perspective de leur réélection, décident d’anticiper le remboursement de la dette FSV en accroissant les remboursements annuels de la CADES (3 milliards au lieu de 1,9, d’où une fin prévue en 2005)
En 2002, la droite transfère à la CADES la dette des fonds de financement des exonérations patronales (et oui, le FOREC). Le « trou » CADES se monte alors à 53,8 milliards hors intérêts...
En 2004, avec la loide casse de la SécuritésocialedeDouste-Blazy,Raffarin et Zarkozy prévoientletransfertd’unetrentainedemilliardsde« trou ».Etladate de fin de remboursement, un temps envisagé pour 2025, devient indéterminée. Les générations futures paieront jusqu’au remboursement final...
De 1996 à 2003, la CRDS payée se monte à 34,3 milliards. Sur ces 34,3 milliards, le bilan de la CADES indique :
seulement 3 milliards affecté au déficit Sécurité sociale !!
20,6 milliards pour le FSV (dont 1,6 milliards d’intérêts)
12 milliards d’intérêts versés aux banques, fonds de pensions, rentiers, groupe d’assurances...
Une autre banque correspondante de la CADES est la Banque Générale du Luxembourg (BGL), soupçonnée dans les années 90 lors du scandale de la Bank of Credit and Commerce International (BCCI) surnommée la Banque du Crime et de la cocaïne. Et Patrice Ract-Madoux, après une semaine de recherches !, a également indiqué aux journalistes ne pas avoir trouvé trace d’un compte de la CADES, pourtant numéroté, qui figure dans l’annuaire public distribué en juin 2004 aux autres banques par la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream. Cette société, où transite quelque 50 000 milliards d’euros par an, gère les échanges de titres sur les marchés financiers des principales places mondiales et en fait chaque jour le bilan. Le journaliste Denis Robert (« Pendant les affaires, les affaires continuent ; Révélation$ ; La boîte noire ») a démontré la création de comptes secrets par cette respectable institution. Enfin, quand on regarde où les responsables de la CADES, en VRP du « trou » de la Sécurité sociale, effectuent leurs « road shows » pour chercher des investisseurs, on y trouve des pays comme le Japon, où la maffia est très puissante, l’Inde, la Slovaquie, la Tchéquie et même en 2003 la Lituanie où la maffia a pignon sur rue. Pour mémoire, notre bien-aimé président Chirac déclarait (sans doute en fronçant les sourcils) à Vilnius, capitale de la Lituanie, en juillet 2001 : « La mondialisation, ce sont aussi des risques - désordres financiers, dumping social, trafics d’argent sale, de stupéfiants.. ».
En résumé, à qui est vendu le « trou » ?
En avez-vous assez ? Vous les avez sentis passer les milliards ?
A peine nous nous penchons un peu sur ce problème que nous nous apercevons que ce fameux trou est un mensonge éhonté. Oui, les usagers doivent faire des efforts et les mesures qui permettront un usage raisonnable tout en maintenant un accès égalitaire aux soins ne sont jamais inutiles. Mais ne pensez-vous pas que le cœur du problème est ailleurs ?
Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage !! voilà le fond du problème
Pour reprendre les différents points de mon argumentaire, le soi disant naufrage de notre système peut se décrire de la manière suivante :
. Manque de réflexion de fond (sociologie, effets de bords, ...) et à moyen terme
. Mensonge sur le soi-disant mauvais fonctionnement
. Permet de justifier la mise en place de taxes injustes (CSG) !
. Permet de camoufler des gestions financières désastreuses et délictueuses !
. Permet de détourner les regards des profits faits sur nous tous !
Enfin, c’est un excellent moyen de démanteler la sécurité sociale (système jugé totalement inepte d’un point de vue ultra-libéral) par petits morceaux de manière à ce que nous puissions avaler plus facilement son passage programmé vers les systèmes privés (paniers de soins, hopital 2007, assurances privées, mutuelles en cours de privatisation).
Notre sécurité sociale n’est pas rentable ? la rentabilité n’a jamais été son but.
Notre sécurité sociale est un gouffre financier ?
Nos dirigeants nationaux ont des vues à court terme, aucune imagination et un manque de scrupule qui confine au banditisme organisé. Hum...certes...mais plutôt ou aussi un formidable don pour détourner notre regard des vrais enjeux. « Si vous n’êtes pas d’accord pour renier tous vos avantages alors nous vous ferons croire que vous en êtes les fossoyeurs ». Et les chantres du néo-libéralisme échevelé, invités dans sur les plateaux illustres et omniprésents sur les ondes de toutes sortes, de reprendre en chœur : « Pensez-vous réellement que si nous pouvions sauver votre système de santé, nous ne le ferions pas ? ». Alors je réponds : « et bien OUI, c’est ce que je pense !! ».
Le déliquescence politique et sa transformation en bulldozer libéral va continuer de creuser le trou. Eh, mais pas seulement celui de la sécu, celui des retraites, celui qui sépare les plus riches des autres...et pour finir, le notre !!
Références :
http://www.securite-sociale.fr
http://www.ameli.fr
http://www.cades.fr/
_
merci laiguillon. Encore une fois un dossier rondement mené. ;-)
Vous ouvrez nos yeux sur des abus.
et peut-être des clés pour réagir...
Lu dans libé aujourd’hui La diète contre la dette
"...Pour la Sécu, il faudra réduire les remboursements, ou augmenter les cotisations, pour parvenir à l’équilibre en 2009..."
Ils ne me font plus rire les clowns blancs !
J’ai voulu vérifier les données du § V.5 relatif au trou de la sécurité sociale qui serait en fait un excédent. Ce paragraphe donne comme référence le rapport 2003 des comptes de la SS. Je n’ai rien trouvé dans ce rapport. Dans quelle partie du rapport figurent ces données ?
J’ai consulté le site hoaxbuster.com qui présente ces informations comme un hoax (canular de désinformation). Qu’en pensez-vous ?

