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CPE & TUTTI QUANTI : Les marmitons pas bons

Catégorie société
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(JPEG) Comment s’étonner que la marmite sociale commence à bouillir sur le feu d’une politique scélérate. Je me demande si nos dirigeants comprennent bien que le pays est au bord de l’explosion sociale ? En tout cas, à la base, tout le monde le sait. Remember : monsieur Chirac a été élu par défaut et les blairo-socialistes en sont largement responsables ! A la suite, ceux qui ont voté pour manifester leurs doléances et se sont trompés de moyen, en sont pour leurs frais (et ils sont très élevés).

En outre beaucoup d’entre nous qui avons été maltraités, continuons à nous faire exploiter comme des esclaves sur les lieux de travail, nous exhibons cela comme un titre de noblesse : c’est tout ce que nous sommes capables d’imaginer pour revendiquer une dignité ! ...

Mais alors je ne vois pas pourquoi les jeunes en auraient moins que nous, des garanties et des protections sociales, si chèrement obtenues.

-  D’ailleurs pourquoi veut-on scinder le corps social en tranches d’âge ?

-  On a les moins de 25 ans, les plus de 50 ans, les quadras, les 30-40 ans, et puis quoi encore ?

-  On va marcher par année comme au service militaire d’antan ?

Tout ceci fait le jeu des pouvoirs totalitaires qui ont pour objectif sempiternel de diviser pour mieux régner ! En l’occurrence il s’agit des pouvoirs inféodés au libéralisme économique qui favorisent le communautarisme, les sectarismes, etc. pour mieux décharger l’état de ses responsabilités. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est à ce sujet que l’unité dans chaque camp, à Gauche ou à Droite, se jouera.

Pourquoi en veut-on autant aux jeunes dans ce pays ? ...

C’est à croire qu’ils font peur !

J’ai ma petite idée là-dessus.

Il y en a dans mon bled, dans l’administration ou autre, des gens plutôt limités d’esprit, qui savent tout juste se servir d’une télécommande, mais ils veulent faire la pluie et le beau temps, regardant de haut ceux qui sont pauvres et surtout s’ils sont diplômés... C’est leur petite revanche et cette attitude est plus courante que l’on croit : ces médiocres exorcisent leurs complexes d’infériorité !

On en arrive au paradoxe suivant : des vieux birbes, sans instruction ou presque, qui veulent diriger la société, disent : « ah ! mais la connerie majeure, c’est d’avoir diplômé ces mecs. Maintenant ils s’accrochent à ça et ils ne voudront pas prendre à moins, c’est sûr ! » etc. En somme ils trouvent normal de dévaloriser les gens pour mieux les obliger à accepter n’importe quoi...

-  Si ce n’est pas une attitude d’esclavagiste, c’est quoi ?

Il y a quand même un petit malaise : se payer un récipiendaire en lettres pour le prix d’un C.E.S ( pour les étrangers, notre fameux Contrat Emploi Solidarité, payé 400 euros environ) cela peut passer encore inaperçu, dans le manège du chantage à l’emploi, mais obtenir un ingénieur pour le prix d’un Contrat Emploi Jeune, payé au vieux SMIC, soit environ 800 euros, cela titille un peu les consciences et suscite des interrogations, surtout quand il s’agit de ses propres enfants... Aussi les petits chefs n’en sont que plus acrimonieux à faire valoir leur autorité ! Je ne vous dis pas les frustrations que cela engendre de part et d’autre !

Donc après les stages (main d’œuvre gratuite), l’intérim payé à coups de pied aux fesses, le SMIC jeune et j’en passe et des meilleures, voilà le CNE (Contrat Nouvelle Embauche) et le CPE (Contrat Première Embauche) qui voudraient créer, au détriment du code du travail, une catégorie de salariés défavorisés (comme s’ils ne l’étaient pas déjà assez) : les jeunes ! C’est un fait sans précédent, du jamais vu, du complètement indécent dans notre histoire sociale, et qui plus est une entorse, que dis-je, une grave atteinte, aux valeurs de la République Française qui sont : Liberté, Égalité, Fraternité .

Hé bien ! mon vieux, avec ça, elles sont plutôt mises à mal et il y a de quoi refaire les barricades !

Cependant je pense à ce sujet qu’il y a mieux à faire et plus efficient, dans l’attente des futures élections ; car les petits caporaux du gouvernement n’attendent que ce prétexte, pour dénoncer la chienlit et nous maintenir sous les lois d’exception qui date de l’époque coloniale !!!

Pour les jeunes, il s’agit tout simplement de savoir s’ils veulent devenir des citoyens de seconde zone, à cause de leur âge : une discrimination des plus extraordinaires !

-  Ensuite, s’ils veulent accepter de devenir des esclaves à vie, corvéables à merci, sans perspectives d’avenir ou très funestes ?

-  Ne voudraient-ils plus refaire le monde, à ce point pourri, si ce n’est au moins pour obtenir justice et améliorer leur sort ?

Moi, je le dis, il y a de quoi se mettre en rogne ! ... Beaucoup de leurs aînés des années 50-60 se retrouvent dans des situations précaires quand ce n’est pas au chômage à vie, mais si peu d’entre eux ont lutté contre le « rouleau compresseur » de l’injustice sociale que c’en est pitié, et je ne conseille pas aux jeunes de courber ainsi l’échine, plus longtemps, devant l’inégalité et les dures réalités, mitonnées par la nouvelle aristocratie du « politiquement correct » qui gagne ses privilèges, en jouant avec les valeurs fictives d’un ordre mondial branlant...

La dernière nouveauté des petits barons locaux, dans mon bled, semble-t-il, c’est de faire « mettre à l’amende » les pauvres par des plus pauvres qu’eux : des clochards ou des marginaux qui touchent souvent le RMI et font la manche par-dessus le marché, pour s’acheter à boire. Mais parmi eux, il y a le problème des jeunes qui n’ont droit à rien avant 25 ans et qui n’ont aucun soutien de famille.

S’ils n’acceptent pas la domesticité, les petits boulots, souvent dégradants, payés au rabais, ils sont quasiment condamnés à l’exclusion et/ou la délinquance.

-  Je vous le demande où on va comme ça ? ...

Il y a même de plus en plus de jeunes qui sont obligés de masquer tout ou partie de leur cursus pour mieux se « vendre » sur le marché de l’emploi, et ceci, rien que pour avoir un boulot alimentaire ;

-  comme bientôt c’est les robots qui feront la plupart des tâches ingrates, même de nous couper les cheveux en quatre, où va-t-on, mes pauvres concitoyens ? ...

Après les administrations et les associations, durant « l’âge d’or » des blairo-socialistes, avec tous leurs T.U.C, C.E.S, C.E.C. et tutti quanti, les entreprises du privé se voient maintenant encouragées officiellement à contourner le droit du travail avec les C.N.E, C.P.E, suivant de près les R.M.A, C.A.E. et cetera.

Ouarght ! ho ! la ! la !

la belle série des voies de garage pour les salariés !

Qui sait ce que vont nous sortir encore les têtes froides des technocrates qui jouent aux morpions avec nos fils de vie !

Je ne vous parle même pas de toutes les exonérations sociales, afférentes, qui ont ruiné entre autres la Sécurité Sociale !

La meilleure incitation d’embauche pour les entreprises, est un besoin réel de main d’œuvre ; tout le reste ne sert qu’à réduire leurs coûts comme si ce n’était pas déjà une préoccupation majeure de ces utilitaristes ! Il n’y a pas de travail pour tous, et le patronat (sous la férule des décideurs en Bourse) y veille de près ; tant il faut un taux de chômage élevé pour rendre dociles les populations. Ces trente dernières années, nous nous sommes enfoncés dans cette tourbière d’un simplisme navrant.

S’il n’y a pas de travail pour tous et que le partager, demande au préalable une harmonisation des régimes fiscaux et sociaux, pour ne pas dire des niveaux de vie (on pourrait au moins commencer par l’Europe)

-  pourquoi considérer le travail comme seule source de revenu convenable, et pourquoi maintenir la pauvreté artificiellement ?

-  Pourquoi ne pas instituer, au niveau européen, un Revenu Minimum d’Existence, attribué de par sa naissance et sa citoyenneté, qui serait égal pour tous, à tout âge, et au moins égal au seuil de pauvreté.

Sur cette base, pourraient venir se greffer ensuite toutes sortes d’autres revenus par toutes sortes d’activité, et chacun aurait les mêmes chances au départ, en faisant ce qu’il veut de sa vie, du moins en théorie, car malgré l’ipséité, il y a bien des aléas qui pèsent sur l’individu. C’est à ce genre de chantier pour le progrès social que peuvent mener des révoltes, justes et fondées. C’est dans ce genre de chantier propitiatoire que j’attends d’observer la sagacité des personnes qui prennent des responsabilités, à la tête de l’état et dans les collectivités territoriales, et non pas d’être affligé par des numéros de dompteurs qui en arrivent à oublier la nature de leur pouvoir.

Rappelons cette nature : pour ceux qui dirigent l’état, il s’agit avant tout d’exercer des compétences au nom et au profit de la collectivité nationale ; or de ces compétences, on peut douter aujourd’hui, et il me semble qu’on pourrait en discuter plus que jamais, puisque ces compétences et rien qu’elles, justifient « le monopole de la contrainte organisée ».



Publié le 15 mars 2006  par Jean Jacques Rey


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