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SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar

Catégorie politique
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SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar Par Serge Rivron

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Soyons équitable : j’ai pour la truffe, qu’elle soit noire, blanche ou en chocolat, un goût immodéré. Les vicissitudes de la langue établissent cependant un lointain cousinage entre ce mets délectable et certain renflement tumoral parasite dont l’aspect souvent grotesque a conféré aussi au mot de "truffe", le sens de "blague, farce". Par respect pour toutes les sortes de truffes, je tenais à le préciser.

C’est qu’il faut être bien précis et prudent, quand on s’attaque à la candidate non encore officiellement déclarée à l’investiture socialiste pour la candidature à la présidence de la République française. Parce que tout le monde sait que, malgré les airs de dame du Bon Secours qu’elle essaie de se donner, la candidate non encore déclarée à la etc..., est terriblement chatouilleuse sur le respect qu’on lui doit. Et surtout parce qu’elle est une femme, et qu’une femme en politique, ça mérite, paraît-il, un respect spécial, une sorte de bonus de respect. Toute critique qu’on lui adresse doit donc d’abord être mesurée à l’aune du sexisme que, par un de ces retournements dialectiques dont elle a le secret, la candidate prétend ainsi pourfendre. De ce point de vue, il eut sans doute été préférable, pour ne pas risquer l’accusation de "sexisme par a priori", de trouver une métaphore plus masculine que la truffe, pour titrer sur Mme Royal - il y avait bien l’oursin, mais l’insigne Philippe Bouvard aurait pu porter plainte pour plagiat. J’ai aussi pensé carrément à masculiniser le mot, mais "un truffe dans le caviar" serait immédiatement passé pour une faute de frappe. Bref, j’ai fini par opter pour le respect de la langue et la richesse de la métaphore : Ségolène comme truffe dans le caviar, ça colle plutôt bien. Pour ce qui est du caviar, point n’est besoin de s’étendre.

Ah ! Je ne croyais vraiment pas si bien dire lorsque, aux premiers jours de novembre 2005, en conclusion d’un article sur la violence dans les banlieues, j’écrivais qu’on en arriverait "à imaginer sans sourire une issue au problème dans la candidature de Ségolène Royal à la Présidence de la République.  [1] On me disait "quand même, pourquoi elle, d’où tu nous la ressors, tu lui en veux... ?" Et pan ! Nous y sommes ! il aura fallu à peine quelques semaines, et ce que je pensais sincèrement être une fable réthorique est devenue une prophétie !

Qu’est ce qui se passe ?

Dans leurs célèbres entretiens de 1965, Alfred Hitchcock donne à François Truffaut le secret d’une de ses recettes de conteur : le MacGuffin, un argument creux, "le plus vide possible", qui sert de motif à l’histoire qu’on raconte. Plus le MacGuffin est vide, plus il est efficace à nourrir le suspense, qui est, lui, l’élément capital du récit. En allant repêcher Ségolène Royal dans sa présidence de Région (Poitou-Charentes, où par ailleurs, elle ne fait pas que du mauvais travail), en l’exhibant quotidiennement à l’insaisissable "opinion publique", en utilisant à l’envi les contradictions, incohérences, insuffisances de la candidate, mais aussi sans doute en réveillant en elle l’ambition jamais éteinte de porter au plus haut le pavoi de la féminitude dont elle s’imagine volontiers l’historique égérie, les média font du MacGuffin sans le savoir - et, pour le plus grand honneur du maître du suspense, ça marche encore très bien.

On pourra donc à présent tout dire et tout écrire sur madame Royal : rappeler son inefficacité en tant que brève ministre de l’environnement, la mise-en-scène réitérée de sa vie familiale (séjour en maternité compris !) dans les magazines, sa morgue lors de l’affaire de Montmirail,  [2] quand elle confondait son rôle de ministre de l’éducation avec celui de Grand Inquisiteur. On pourra passer en boucle les déclarations démagogiques dont elle abreuve l’auditoire dès qu’il s’agit de prêcher la justice, ou l’égalité des sexes, ou la défense de l’enfance maltraitée, ou le droit au logement et à tout ce qu’on peut trouver de bonnes causes et de gentilles intentions. On pourra épingler son intransigeance et sa mauvaise foi les soirs d’élections perdues, et monter bout à bout les images de ses triomphes tout aussi intransigeants. La truffe sert toutes les sauces, et toutes les sauces lui servent. Qu’on s’échine à démontrer que Ségolène est trop de droite pour être à gauche, lorsque, par exemple, elle fait l’éloge du "blairisme" en pleine crise du CPE ou en gouvernant sa Région, pourtant très largement socialiste, sans le concours des élus de sa majorité : c’est mettre en avant son indépendance d’esprit, qui fait la valeur des grands chefs ! Qu’on s’interroge sur la cohérence d’une pensée économique qui l’a portée à soutenir (feu) le traité constitutionnel européen et son libéralisme outrancier, puis à prôner aujourd’hui la très socialiste recette de la relance par de grands chantiers d’Etat : c’est pour admirer qu’elle n’ait aucun tabou idéologique, ce qui est une preuve certaine d’efficacité sur le terrain, déclare-t-on plein d’ardeur. Qu’on moque son incapacité à tenir un propos argumenté : c’est pour s’exclamer aussitôt que, certes, il est dommage qu’elle s’enlise dans les débats sérieux mais oh ! lala ! Elle est tellement performante dans ses envolées de 15 secondes ! les 15 secondes de Ségolène, quelle puissance ! qu’est-ce qu’elles font bien mouche ! Que voulez-vous, c’est une passionnée !

Bref, elle est présidentiable, et dans l’état de décrépitude du discours médiatico-politique en France, ça n’a rien d’étonnant. La 5e République, "arrangée" par les essais transformés de cohabitation auxquels se sont livrés François Mitterrand et Jacques Chirac, amendée par ajouts successifs de soustractions au pouvoir présidentiel - ah ! le raccourcissement à 5 ans du mandat présidentiel ! - éreintée par la forfaiture commise par l’ensemble de nos soi-disantes élites envers le suffrage populaire - ce "non" au traité constitutionnel européen qu’on a ouvertement choisi d’ignorer -, la 5e République est plus que jamais propice à la présidentiabilité de candidats dénués d’autre ambition politique que celle qu’ils ont pour eux seuls. Mais attention hein ! à condition qu’ils proclament bien fort, et qu’on reprenne en chœur que "ce qu’il faut à la France, c’est une grande ambition politique" ! A condition de remplir le vide avec des phrases toutes faites et des mots qui fassent un peu moderne, qui répondent aux attentes des Français - et surtout à celles qu’on leur prête !

C’est ainsi que Ségolène Royal, qui entend montrer qu’elle peut aussi bien que Chirac représenter dignement la France aux finales de coupes d’Europe et aux arbres de Noël de l’Elysée, utilise à tout bout de champ un vocable tout neuf, droit sorti d’une de ces séances à trouvailles organisées régulièrement par les cabinets de communication : "participatif". Après le toujours très coté "citoyen", ce sympathique accessoire est tellement pratique et fort en symbolique gnangnan qu’il peut accompagner absolument tout substantif de son relent de modernité : "démocratie participative", "budget participatif", "forum participatif"... sur le site internet de la Région Poitou-Charentes, "les idées fusent", comme dit un titre du journal Sur Parole, lancé par la présidente en février, pour l’aider à soutenir sa campagne au prétexte d’expliquer participativement à ses contribuables participatifs à quoi est utilisé leur argent citoyen  [3]

La première véritable ambition d’un candidat-président, qui ne devrait par définition en aucun cas se contenter du pitoyable résultat d’une évolution institutionnelle ayant conduit à vider de presque toute capacité opératoire le dessein qu’il souhaite pour son pays, consisterait précisément à se préoccuper sérieusement de l’avenir de nos institutions nationales et européennes. Mais quel pensum, quand en Hauts-lieux on est définitivement persuadé que ce qui intéresse les Français, c’est de savoir comment gagner des millions, et accessoirement avec quelle gentille intention solidaire !

Pas de doute, dans cet afadissement du discours ambiant, Ségolène Royal bénéficie d’un concours de circonstances qui favorise, qui impose sa candidature. Néopuritaine (elle refuse le mariage homosexuel, et l’émancipation des femmes va, pour elle, de paire avec l’interdiction absolue de l’exploitation mercantile de la nudité, quitte à tenir aux prostitués des propos qui frisent le déni d’existence), sa vision simpliste et émotive de l’action politique rencontre les faveurs de la partie la plus active et intégrée de cette "opinion" que cajolent les média : les "bobos" pudibonds et politiquement incultes qui n’ont toujours pas compris pourquoi les Français avaient majoritairement dit "non" à la constitution européenne ni, même, pourquoi Jospin avait été éliminé du second tour de l’élection présidentielle.

Dans son petit cours, Hitchcock disait aussi à Truffaut qu’il était impératif de ne pas attendre la conclusion du film pour dévoiler au spectateur la vacuité du MacGuffin, au risque que la salle hurle et siffle son dépit d’avoir été abusée. C’est une leçon qu’il faudrait que notre médiature finisse par entendre, si elle veut éviter pour la troisième fois le ridicule de ses désillusions du fameux "21 avril" ou de l’impensable "29 mai". Vanter les mérites d’une truffe dans le caviar, ça ne mange pas de pain, mais au bout d’un moment, ça risque de saler la note.

-  Lire également : Ségolène Royal : le joker de la posture



Publié le 13 mai 2006  par Serge Rivron

[1] In "Notre société a généré un monstre" http://stalker.hautetfort.com/".

[2] En juin 1997, alors qu’elle venait d’être nommée en charge de l’Education Nationale, Ségolène Royal mit la lutte contre la pédophilie au premier plan des préoccupations de son ministère. Or un enseignant de collège, calomnieusement impliqué par un jeune dans une affaire de pédophilie, se donnait pendant ce temps la mort. Si le suicide ne peut, bien évidemment, et malgré les excès qu’elle manifestait alors dans sa volonté de sacraliser la parole de l’enfant, pas être imputé à Ségolène Royal, elle se montra en revanche, dans une déclaration média qui suivit directement le drame, d’un parfait cynisme vis-à-vis de l’enseignant décédé et de ses proches, puis hermétique à tout remords lorsque ces derniers s’adressèrent à elle pour l’inciter à plus de modération. Elle continua, selon les dires de la famille de l’enseignant, à répandre sur cette affaire des mensonges calomnieux, et ne s’excusa jamais, même une fois reconnue l’innocence du suicidé. Sur Montmirail voir http://desirsdavenir.over-blog.com/categorie-429817.html D’une manière générale, pour le déboulonage du discours Royal, voir http://desirsdavenir.over-blog.com.

[3] Ségolène Royal n’est pas la seule à avoir récemment doté sa Région d’un organe de presse destiné à assurer sa promotion. De nombreux présidents de Régions se sont lancés (parfois de manière bien plus onéreuse qu’en Poitou-Charentes) dans cette aventure, qui a essentiellement pour but de tourner la loi concernant l’interdiction de dévoiement à des fins personnelles de l’information institutionnelle à l’approche des échéances électorales.


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Forum de l'article
  • SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar
    13 mai 2006

    Article jouissif. Je vous rejoins entièrement dans votre pamphlet sur Madame Royal (dont l’énoncé de ce nom, soit dit en passant me laisse penser invariablement, et malgré mes efforts de volonté, au Monsieur Loyal du cirque traditionnel). Vous me permettrez de nommer cet ectoplasme politique : le "syndrome royal". Totalement abasourdi (mais en restant conscient de leurs valeurs intrinsèques) par les derniers sondages concernant ce syndrome, je me laisse inévitablement glisser vers une profonde baisse de moral, tant son succès, si il se vérifie, confère, selon moi, à une pathologie politique française.

    Le syndrome me glace, lorsque je vois que les deux personnes les plus populaires sont Sarko et Royal. Tous deux, parfaits exemples de la théorie du vide, ne différant que sur deux points :
    -  la couleur politique : quoique cette distinction ne peut apparaitre qu’à l’aide d’un système de chromatographie en phase gazeuse.
    -  la méthode : tant l’un excelle dans l’omniprésence et l’autre dans l’omniabsence et tant l’un est égal à l’autre dans le vide sidéral de leurs actions réelles.

    Je pense avoir percé à jour le mécanisme, quand, et vous le rappelez dans votre article, j’ai assisté à un débat dans lequel le syndrome devait se positionner sur le TCE. J’ai alors entendu une suite d’âneries, de confusions et de lieux communs qui m’ont fait un effet similaire à l’absorbtion de sirop d’ipéca.

    Merci de me laisser croire que l’espoir exact et que l’imposture n’est pas la seule démarche politique actuelle gage de succès.

    Laiguillon

    • SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar
      23 mai 2006, par Philippe Cesse
      Bah oui, le débat politique est insipide... et après vous lire tous les deux, je n’ai eu ni de nouvelles lumières ni même l’impression que le niveau ait augmenté, tout juste un baîllement après cette salade littéraire passant du coq à l’âne dans un complaisant catalogue de clichés. Comme les présidents font généralement peu, personnellement je ne nourris aucune illusion sur la candidature de Ségolène Royal ; simplement, face aux éternels éléphantesques étourneaux du PS, une candidature féménine aurait plus du piquant. Et peut-être cela invitera-t-il les femmes à s’exprimer davantage sur ces sujets les concernant et ne plus laisser aux seuls hommes le privilège de s’écouter sur les femmes, comme jadis ils discouraient à qui mieux mieux sur le droit de vote féminin, la contraception, le divorce et le tutti quanti... Pour de plus amples considérations littéraires, voici une petite ponte de votre très humble serviteur :
      • SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar
        24 mai 2006, par LENORMAND

        Philippe

        Pour ce qui est d’une salade de clichés et autres, je ne peux pas être d’accord avec vous. Par contre j’ai bien lu votre article et là, je retrouve tous les clichés des médias nationaux, « marionnettes des multinationales » (voir CPE, la dadvsi, le référendum du 29 mai). Quant à ce que ce soit une femme ou un homme, là, je ne pense pas que vous ayez bien parcouru le e-torpedo.

        Ici il est question de programme politique et non d’une bonne tête(sic). Il faut que l’Etat retrouve sa véritable place dans le paysage crapuleux de l’économie et se défasse de l’emprise et des menaces des multinationales. La tâche ne sera pas facile et les projets de S.Royale ne vont pas dans ce sens. Juste un polissage, pour endormir les citoyens sur 1 ou 2 sujets sociauxl. Par contre son intérêt pour Mr Blair nous éclaire quant à ses idées de fausse gauche. Notre société va mal et il faut la reformer, le mot n’est pas trop fort, car sans un changement radical nous ne laisserons à nos enfants qu’un monde dangereux. Ces élections seront capitales pour effectuer une véritable mutation sociétale, et ce ne sera pas avec des redites et quelques pansements que nous pourrons espérer quoi que ce soit.

        60% des français prennent des antidépresseurs ou anxiolytiques. Une preuve que nos élites ont zappé quelque chose !

        Votre article en lien me parait avoir été écrit par un esprit feignant. D’ailleurs avez-vous seulement comparé d’autres programmes ? Je suis sur que non, et c’est ce qu’il transparaît de votre article. Dans des temps meilleurs l’on pouvait éventuellement voter sans trop s’informer. Les enjeux aujourd’hui sont Européens et mondiaux.

        Quant aux sondages très cher Philippe ne me faites pas rire...Avez-vous la mémoire courte...

        Sur la toile et ailleurs vous pouvez vous informer et je vous souhaite de le faire. De nombreuses personnes contribuent bénévolement à l’avenir. Et madame S. Royale n’est pas l’avenir.

        Quant au ton de votre post, il est écrit avec un certain dédain familier des calculateurs et opportunistes et s’il n’en tenait qu’à vous, pourquoi ne pas continuer.

        Vous n’êtes pas visionnaire !

        La gauche pour la gauche en moutonnant, ou une véritable gauche ?

        Un socialiste jusqu’à ce jour

        LENORMAND

        • SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar
          26 mai 2006, par Philippe

          Ah, un petit pavé dans la marre qui suscite une réponse intéressante : oui, je suis d’accord avec votre analyse de la situation francaise. Bah oui, certains dans l’Hexagone estiment M.Blair ; mais que voulez-vous, la faute de goût n’épargne personne... D’autant que Tony risque bien de passer à la postérité comme "Mr. Bliar" comme disent les Britanniques.

          Vous voulez que l’Etat retrouve sa vraie place ? Mais alors il faut changer les fonctionnaires qui le composent, peut-être pas tous ses millions, mais suffisamment pour que cela ne soit pas une expression creuse : à côté de la rébellion que cela susciterait, la Révolution Francaise serait peu de chose. Se défaire des Multinationales ? Et si les entreprises francaises donnaient l’exemple ? Que Vivendi, Total, Renault, JCDecaux, Carrefour, Danone, Accor et Moulinex quittent les autres pays : cela fera des millions d’heureux de par le monde, et quelques dizaines de milliers de chômeurs en plus en France... C’est cela que vous voulez ?

          Vous parlez du PS, et ensuite d’une véritable gauche : pour l’instant, connaissant les rouages du PS et certaines de ses têtes pensantes (qui ont parfois payé le prix fort pour avoir osé un début de tentative de commencement de réforme), cela n’est pas pour l’an prochain. Peut-être une vraie gauche viendra-t-elle d’ailleurs, cela fait 20 ans que certains l’espèrent. Les sondages... cela fait partie du folklore hexagonal, et il leur arrive de se tromper, mais assez marginalement, convenons-en : ses mathématiques y veillent. Je me fiche de savoir si madame royal gagnera ou pas, cela ne changera pas le monde. Mais sans doute restera-t-elle populaire pour la même raison que les gens l’appellent souvent par son prénom. Devant l’insipidité des programmes éventuels, virtuels ou à venir, et face aux éternels éléphants du PS ou de l’UMP, la candidature de S. Royal m’est juste un peu plus sympathique, au point d’avoir écrit ce petit exercice de style d’abord en Anglais pour expliquer un peu la situation aux Anglophones de l’étranger. Le New York Times a depuis fait bien plus long : http://www.nytimes.com/2006/05/14/magazine/14royal.html ?_r=1&oref=slogin (l’inscription aux archives est gratuite, pas comme chez les quotidiens francais)

          Hélas, je n’ai pas le temps de vous faire un cours de psychologie sociale ou nationale, mais quiconque aura le courage d’élaborer puis de défendre un vrai programme alternatif ne saurait passer le cap du 2e tour, ni sans doute les 10% (pour gagner, il faut viser le tiers médian des indécis, donc avec un discours au Centre). Ensuite, l’economie francaise et la forte presence de son Etat, font que les politiques de droite ou de gauche ne se différencient bon an mal an que sur quelque 5% du budget (lui même 50% du PNB en gros). On peut certes allouer ces 5% à un certain nombre de postes, mais à moins de sortir de l’Europe ou de déroger à "l’acquis Européen" comme on dit en jargon juridique, je crains que la marge ne soit encore plus réduite : comme vous dites, "les enjeux aujourd’hui sont Européens et Mondiaux"... Vous ne savez combien je suis d’accord. Mais comme je connais aussi la fameuse "contrainte extérieure", je ne me berce d’aucune illusion, programme ou pas, quel que soit le candidat. Alors que faire ? Ma foi, je n’en sais trop rien, mais certainement pas en tirant à boulet rouge sur les rares politiciens un peu plus soucieux des hommes que les autres, vous ne croyez pas ?

          Enfin, la trouvaille de "la truffe" était gratuite et passablement désobligeante. La bonne éducation ne donne de confiture aux cochons : on ne sert jamais truffes et caviar ensemble, car leurs fumets, forts et particuliers, se marient fort mal, sauf à manquer de flair.

          • SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar
            26 mai 2006, par Juliette Pottier

            Philippe,

            Il ne s’agit pas d’élire une femme parce-que c’est une femme mais parce-qu’elle défend un programme qui ressemble à un programme. Mme Ségolène Royal qui se réveille avec trois trains de retard concernant la DADVSI par exemple ne me fait pas rire, sa position en faveur d’un OUI pour la constitution ne me rassure pas et son amour du blairisme non plus.

            Une femme président pourquoi pas ?... le monde serait peut-être dessiné en courbes. Mais une Marie-Georges Buffet me semble plus authentique et plus cohérente avec ou sans talons.

            • SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar
              26 mai 2006, par Michel VIGOZ

              QUAND LA SEGO ARRETERA DE ROULER POUR LA PARISOT ON EN REPARLERA...IL Y A DES CLUBS DE FEMMES OU "L’ECHANGISME" LAISSE PANTOIS.

              VOUS AVEZ RAISON MME POTTIER, JE VOTERAI POUR MADAME BUFFET QUI A TOUT MON RESPECT ET QUI A PROUVE SON SENS ETHIQUE ET POLITIQUE AU MINISTERE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS.

              QUE PHILIPPE CESSE DE POLLUER CE FORUM AVEC SA PROPAGANDE DE STATISTITIEN DEPRIME. LES SOCIALISTES ABUSENT DE LA TOILE, ILS ONT LEUR BLOGS POUR LEUR PETIT CACA NERVEUX.

              BASTA LE GAVAGE D’OIES.

          • à Philippe Cesse : à propos de mariage
            26 mai 2006, par Serge Rivron

            Monsieur, vous n’avez pas vraiment compris, je crois, l’objet de mon article "gratuitement" intitulé Ségolène Royal : une truffe dans la caviar. Il s’agissait en effet essentiellement de pointer l’état de délabrement de la pensée et des institutions politiques d’un pays, capable d’imaginer que quelqu’un d’aussi profondément intolérant (je donne deux exemples, dont un qui s’est terminé par un drame), inefficace (j’en évoque quelques échos) et incohérent (je l’explique) que Mme Royal puisse être le suprême recours - puisque la présidence de la République peut être symboliquement et juridiquement qualifiée du suprême.

            Et si vous n’avez pas compris, c’est parce qu’au fond, tous vos "arguments" le disent, vous partagez avec la candidate cette vision effarante qui fait de la politique l’espace navrant d’une gestion qui ne pourrait plus être qu’à la gentille mine et aux calculs putois des clientélismes. Cette même vision, qui fait que tous nos édiles se sont trompés "à la marge" de plus de 10% en s’appuyant sur des sondages de commande pro-constitution européenne, et qui, forts de cette erreur beaucoup moins minime que vous ne l’affirmez péremptoirement, n’ont pas hésité à faire comme si le vote n’avait pas existé, écoeure profondément les Français, et la bonne mine de madame Royal, qui est à cette heure son seul argument, ne saurait suffir à guérir le pays des plaies multiples dont il souffre.

            Vous pouvez rêver, certes, et penser magiquement qu’une femme (mais pourquoi elle, précisément ?) rafraîchirait l’ambiance. Je n’y crois pas une seconde, et je trouve qu’il faut effectivement manquer singulièrement de flair pour mélanger la truffe et la caviar.

            • c’est gaule haine royal
              7 juin 2006, par espoir
              bravo pour ce site trés intelligent, sur lequel je suis tombé en cherchant bien l’information, mme rroyal donc affligement numéro un des sondages des lobbies de la communication politique est effectivement inquiétant car une fois encore une énarque qui a déjà eu l’occasion (sous béréguovoy et jospin) de changer les choses, tout au moins de prendre position, nous promet de révolutionner les choses ???!!! l’état et sa secte élitiste(ena) peuvent-ils remettre en cause les déviations d’un sytème dont ils sont les fruits ? Ségolène pense à "ceux qui souffrent et je sais de quoi je parle.."(sic), de quoi souffre t-elle ? amnésie probablement elle a voté la loi contre le cumul de mandats ce qui, mais je présume qu’elle pensait aux citoyens, ne l’empêche pas d’avoir plusieurs casquettes ect..... quand au raccourci qui consiste a dire que problèmes économiques et insécurité sont liés.....
  • SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar
    19 mai 2006, par Jean-Jacques Rey
    Excellent cours de cuisine ! :o)))
  • SEGOLENE ROYAL : une truffe dans le caviar
    9 janvier 2016, par midomidi2013
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