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La prostitution vend un temps de travail
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Bonjour Gilles Si je puis me permettre cette contribution :
La prostitution me semble aussi être le révélateur du non dit et des mensonges des racines de ce triste monde.
Ainsi de cette sexualité se disant libre qui n’est que reproduction d’identité sociale étroite, méprisant le besoin autant que la consommation... mépris criant de nantis qui ne savent ce que c’est que d’être parmi leur exclu(e)s.
Je me souviens de ces jeunes hommes lançant crânement "payer pour ça... moi non..." ce qui pouvait autant faire soupçonner le mensonge de fantasme ou de désir autant que le mépris de l’acte de rapports sexualisés à la chair... le besoin de toucher d’échanger de ses sens charnel avec l’autre,
autant que le soupçon, que la consommation proposée et produite n’est que reproduction de la médiocrité des rapports charnels conçus, sentis, ressentis, pratiqués...
de même, ces femmes m’ayant répondu avec étonnement peu crédible "ah, parce qu’il y a des femmes prêtent à payer pour cela..." comme si... elles ne savent pas au combien ce qu’elles sont personnellement correspond à une valeur relative à un marché culturel et social et qu’au delà du plaisir peu ressenti dans le fait, c’est de l’illusion de pouvoir de l’autre sur soi qu’elles marchandent...
de même que toutes ces pudibondes mères au foyer me semblent pour "l’étouffante" majorité d’entre-elles de petits tyrans domestiques échangeant l’illusion de dignité sociale contre l’assurance d’un relatif confort économique que l’autre s’efforcera d’assurer en ayant le courage d’affronter tous les matins le trottoir qui l’amènera à vendre un peu de pouvoir de dominer à cet autre client qui se prétend tout puissant...
le patron est comme le client : ce qu’il achète c’est sa domination
nous sommes tous et toutes des prostituées : certains et certaines ont le courage de l’endurer de façon moins maquillée que d’autres
Nous sommes tous et toutes des enfants de putains
et comme je réponds souvent "si j’ai une nana, moi ? j’ai jamais eu assez de fric pour me payer une femme..."
ce n’est pas de la provocation : de la colère à l’égard de cette stupidité culturelle hiérarchisant l’individu à son ascendant sexuel. Un homme sans femme ou une femme sans homme, c’est une merde, à partir d’un certain âge... alors il faut au moins baiser pour s’assurer à soi-même "être quelqu’un" dans cette "croyance".
mais pire, c’est aussi un souvenir partagé par beaucoup d’enfants : de diverses façon, il nous est transmis l’idée selon laquelle on ne trouveras "chaussure à son pieds" qu’avec l’assurance d’une intégration économico-sociale normée. Ainsi, il est clairement signifié aux filles comme aux garçon ce que peut recouvrir l’expression et ses diverses variations "bon parti".
Ne tournons pas autour du pot : le mec pas comme il faut n’aura de place ni chez les mafieux, ni chez les truands, ni chez les réguliers, donc des difficultés à ramener du fric, donc beaucoup de frustrations, donc des risques de brutalité... surtout de misère
ensuite, un mec vraiment attachant ou une nana vraiment complice... mais sans fric... c’est toujours plus exigeant ou décevant à la moindre déconvenue... alors que quelqu’un auquel on n’est attaché que par le calcul, s’il faut s’en débarrasser, la décision est moins difficile, simple rapport d’économie des offres et des besoins
j’en conviens avec vous si telle était votre pensée : le mariage, reconnaissance sociale d’un territoire de pouvoir réciproques, est une prostitution mensongère... pire encore dans bien des cas tant la famille est le lieux des violences extrêmes les plus niées
bonne continuation à vous Paul

