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La prostitution vend un temps de travail
Publié le dimanche 11 juin 2006 par
Gilles Delcuse
dans la rubrique société
En réponse au message :
Réponse succinct à Paul Riluma
Vous avez bien perçu que la sexualité, qui est le terrain de la prostitution, est révélateur de bien des non-dits, de mensonges et d’hypocrisie.
Cependant, je ne vous suis pas lorsque vous affirmez que le patron est comme le client. Vous êtes comme Monsieur Leclerc, vous, lorsque vous vous rendez dans un de ses magasins de bouffe ? Ben, di-donc... Le client ne domine rien du tout ; il achète. Il achète, par exemple, les services d’une prostitué. Le client passe toujour par la caisse ; ça sert même à ça, un commerce, qu’il soi celui d’un service de prostitution ou de bouffe. C’est le patron qui domine, pas le client ; sinon, moi, j’achète plus rien, je me sers.
Nous ne sommes pas tous des prostitués (mot que je préfère à celui de putain, trop chargé de mépris) ; nous ne sommes pas tous des travailleurs du sexe, que je sache... Dommage, d’ailleurs, parce que, pour le coup, ça manquerait pas de piment, la vie...
Dans le travail, le courage n’a pas sa place ; une certaine dose d’inconscience, peut-être...
Vous dites que vous n’avez jamais eu assez d’argent (encore un mot que je préfère à celui de fric) pour vous payer une femme. Mais, Monsieur, une femme, c’est pas un objet qu’on peut acheter. Même avec beaucoup d’argent. Dans ce cas, on parle d’esclavage. Sinon, on peut acheter ses services. Je suppose que c’est ce que vous vouliez dire...
C’est quoi, un mec pas comme il faut ?
Vous avez d’étrange référence, entre maffia et truant... Mais, là dedans, on rencontre aussi des hommes et des femmes vraiment attachants, et très complices. Chez les truants, peut-être plus qu’ailleurs...
Vous vous débarrassez des gens, vous, quand ils ne vous conviennent plus ? Vous m’effrayez. Mais, rien n’est plus difficile que les relations ; et les rapports d’offre et de besoin ne sont pas des plus simples à résoudre. C’est même pratiquement impossible.
Quant au mariage, je ne le vois pas comme une prostitution, mais un rapport de soumission engageant les deux parties, encadré par des lois. On a vu, justement, le problème que ces lois imposent lorsqu’il s’agit de couple homosexuel.
Enfin, la famille n’est pas le lieu des violences les plus extrêmes - la prison est autrement redoutable, question violence - qui seraient niées, mais celui des violences inavouées, et surtout, plutôt que de violence, c’est le lieu des non-dits.
GD
Publié le jeudi 22 juin 2006