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Le partage des richesses
par la LCR

19 janvier 2007

par torpedo

Pour défendre les retraites, imposons le partage des richesses !

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Le quatrième rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), « Retraites : questions et orientations pour 2008 », vient d’être remis à Villepin. Le COR (instance composée d’experts du patronat et d’organisations syndicales) y constate l’échec de la réforme Fillon de 2003, mais propose de poursuivre les mêmes recettes, en pire : allongement de la durée de cotisation, augmentation du taux d’activité des seniors et réforme des régimes spéciaux. Il n’y aurait pas d’autres issues à la question du financement des retraites pour les prochaines décennies. La publication de ce rapport, au moment où commence la campagne présidentielle, vise à obliger les différents candidats à se positionner, à faire pression, pour mettre la population au pied du mur.

Une retraite décente : un dû !

Pour justifier ces nouvelles attaques à venir, le rapport invoque la situation financière, « plus dégradée que prévu », des comptes du régime général de base dont le déficit devrait atteindre 3,5 milliards d’euros en 2007 contre 2,4 milliards en 2006, en raison notamment du vieillissement de la population et d’un chômage élevé. Pour faire face à ce déficit, il préconise l’aggravation des attaques de la loi Fillon, l’allongement de la durée de cotisation jusqu’à 41 ans d’ici à 2012, et plus encore au-delà. Il veut revenir sur le droit à la retraite à soixante ans et invoque le « principe d’équité entre les régimes » pour remettre en cause les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF-GDF...) qui ne concernent que 5% des retraités. Toutes ces mesures qui ne s’attaquent pas à la cause fondamentale des déficits, le chômage, ne résoudront rien. Mais elles provoqueront une nouvelle baisse des pensions. Les salariés ne pourront, au vu du nombre d’années de cotisations demandées, partir avec une retraite à taux plein. Sous prétexte d’égalité de traitement, le rapport préconise une réforme des régimes spéciaux. L’objectif est ainsi d’harmoniser, vers le bas, l’ensemble des régimes de retraites. Alors même qu’elle n’aura aucune conséquence sur le financement des autres régimes, une telle mesure vise, avant tout, à diviser les salariés entre eux : les prétendus privilégiés et les autres. D’autres solutions sont possibles, car la société est assez riche pour payer les retraites pour tous, privé et public, à 60 ans, après 37,5 années de cotisations et avec 75 % du dernier salaire.

S’attaquer aux vrais priviléges

De telles mesures, indispensables pour l’immense majorité de la population, sont parfaitement réalistes à condition de ne pas faire passer la rentabilité financière, la compétitivité avant les intérêts collectifs. Pendant les 45 dernières années de progrès de la protection sociale, la part des retraites dans la richesse a augmenté de 7 points. Le monde ne s’est pas écroulé. Or, c’est l’équivalent de la part d’augmentation nécessaire pour les 40 prochaines années. Au lieu de nous bassiner avec la « modération salariale », c’est la modération financière qu’il faudrait imposer. Pour que l’ensemble des travailleurs puissent avoir une retraite décente, il faut prendre sur les profits, augmenter le taux de cotisation patronale, en finir avec le chômage de masse en répartissant et diminuant le temps de travail. Sarkozy vante le travail et l’effort, suivi, en cela, par Ségolène Royal. Nous n’aurions pas d’autre choix que de travailler plus, et plus longtemps, comme si la société avançait à reculons. Les travailleurs, eux, veulent profiter des progrès techniques, des richesses qu’ils produisent, ils veulent travailler moins et vivre mieux. C’est possible, à condition de partager les richesses.

Source : Site la LCR Le 15/01/07

torpedo