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Elections Présidentielles 2007 : Caligula à l’Elysée

18 mai 2007

par Jean-Laurent Poli

(JPEG) « Je suis las...Aujourd’hui a eu lieu la passation et je redouble ma dose de cachets. Cécilia a bien joué le coup. C’est elle qui a eu l’idée de réunir les enfants derrière moi lors du discours. Une famille recomposée comme tout le monde. De quoi rassurer les classes moyennes qui se ruinent en pensions. Le petit Louis a fait un triomphe auprès des photographes. L’émotion était intense ont dit les médias. J’ ai écrasé une larme sur le visage de ma femme...Enfin il m’a semblé que c’était une larme. Quand Chirac est parti dans sa grande voiture j’ai failli pleurer une première fois. Qui l’eût cru ? Après réflexion je pense que c’est la fatigue. Dans le salon où j’ai prononcé l’investiture j’ai serré des mains. Beaucoup de mains. Les proches.

Ma mère m’a félicité. Tout le monde a en tête que je travaillais mal à l’école enfant. Bien joué la com.

Elle a juste dit : -Bravo, Caligula...

Mais j’ai dû faire attention à ne pas croiser le regard de ceux qui étaient placés au deuxième rang et qui cherchaient à le faire .

Un regard engage le monarque. Ils étaient nombreux .

Quelques traîtres s’étaient glissés parmi les fidèles.

-  Que vais-je faire de Benhamou par exemple qui a croqué de l’ortolan avec « Mitran » et qui me soutient comme si j’étais son père ?

Avec Balkany c’est plus simple, une bourrade suffit , voire une bonne bière...Et les autres félons...Glucksman cherche mon regard avec une avidité stupéfiante...Mon Dieu...il continue ...j’y crois pas.

C’est trop beau.

Lui, l’homme de toutes les critiques « saines ».Et là-bas d’autres inféodés qui montrent un zèle fou ...empressés de faire allégeance...

Avec eux particulièrement , aucun échange... même non verbal.

Mes conseillers m’ont assez bassiné. On verra plus tard où les caser.

Parfois j’aimerais être un cheval comme ceux de la garde républicaine...Calmes, sereins...On m’appellerait Cincinnatus...

Cécilia a joué la décontraction. Elle avait des consignes. Je sais que c’est dur pour elle. Après tout ce qui a été dit dans a presse. La deuxième dame de France...avec l’image d’une femme adultère...Quelle courage...Mais les gens oublient tout...

Nous sommes une famille, une belle famille, nous sommes jeunes par rapport aux sortants.

Les journalistes appellent cela le style Kennedy.

Dans les rues on m’avait dit d’aller au contact du public. Il a fallu que je donne des coudes et que je cours pour semer les photographes. Ridicule ...J’avais l’impression d’être un punk se jetant dans la foule. La fatigue est accentuée par les cachets. Après la descente des champs j’ai lu une lettre de Guy Moquet le jeune résistant abattu par les nazis. J’ai failli pleurer...Putain de cachets...

Ce soir on m’envoie en Allemagne...La journée est interminable. Je rentrerais à trois heures du matin. Le style Kennedy qu’ils disaient...

Mais mourrais-je comme un Kennedy ? »

Source : Francemoinsj

Jean-Laurent Poli

P.S. suite de Caligula à l’Elysée (paru dans France Moins J)