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Le personnage lecteur dans A la recherche du temps perdu

14 mai 2008

par Nadia Bouziane

(JPEG) Dans le Temps retrouvé, quand le narrateur a enfin découvert sa vocation d’écrivain, tout ce qu’il a lu auparavant et tout ce qu’il a écrit est comme estompé au profit de ses expériences sensibles. Marcel Proust a effacé de son oeuvre toutes ses expériences et tentatives d’écriture antérieures et il a crée une autobiographie fictive celle d’un écrivain : Marcel et celle d’une écriture qui s’est imposée de façon imprévisible à la manière d’une illumination. Dans cette autobiographie la littérature n’a pas joué un rôle aussi important que dans d’autres biographies d’écrivains. En effet, les tentatives d’écriture du narrateur n’aboutissent pas à l’exception d’un essai sur les clochers de Martinville publié dans le Figaro . Certaines allusions furtives nous apprennent qu’il a publié une traduction de La Bible d’Amiens de Ruskin.

Quant aux lectures initiatrices, elles peuvent se réduire aux lectures d’enfance.

La question de la représentation du livre et de la lecture se pose de façon particulière car Marcel Proust fait une distinction entre la littérature d’une part et la lecture et le concept de livre d’une autre part car c’est le rapport au livre qui distingue le futur écrivain.

La plupart des personnages de la Recherche sont de grands lecteurs.

Marcel, le narrateur, est un grand admirateur des romans champêtres de Georges Sand, des livres de Bergotte ou des Mille et une nuit. Charles Swann est fervent lecteur de Saint-Simon et le baron de Charlus de Balzac. La mère du narrateur a hérité de la grand-mère le goût pour les Lettres de Mme de Sévigné.

La lecture tisse entre le lecteur et les livres des liens de parenté intellectuelle. Swann et Charlus lissent Saint-Simon et Balzac. Aprés la mort du baron, Swann devient le seul personnage de la Recherche à lire les Mémoires de Saint-Simon.

Bloch et Robert de Saint-Loup qui ont des personnalités différentes ont le même penchant pour la littérature contemporaine. Il y a comme une sorte de contagion de la lecture. Certains personnages comme Morel et Albertine sont amenés à faire les mêmes lectures que leurs amants respectifs : le baron de Charlus et le narrateur. Gilberte avoue à Marcel qu’elle lit La fille aux yeux d’or de Balzac pour faire bonne impression chez les Guermantes.

De même dans le Temps retrouvé il y a des allusions à certains livres tels que La cousine bette et Le curé de Tours de Balzac.

Dans l’article des Goncourt il y a référence aux Mille et une nuit, livre qui est très prisé par le narrateur.

Il représente pour lui la force de l’imaginaire oriental.

Nadia Bouziane