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Post-ère des DRM : Sony et Apple, acteurs des premiers dérapages

10 mars 2006

par torpedo

En l’espace de trois mois, deux polémiques majeures ont éclaboussé les multinationales Apple et SONY BMG cet hiver. Dans les deux cas, il s’agissait d’intrusion dans la sphère privée des utilisateurs de leurs produits.

Tout a commencé le 31 octobre 2005. L’informaticien Mark Russinovich révèle sur son blog que 52 CD de la maison de disque SONY BMG (liste) contiennent un programme anti-copie qui, une fois installé sur un ordinateur, a des effets secondaires plutôt inquiétants.

Cette protection anti-copie se nomme le « XCP ». Quand on veut introduire l’un de ces CD dans un ordinateur (pour transférer son CD sur un lecteur MP3 par exemple) un logiciel s’y installe automatiquement. Indétectable, ce logiciel communique régulièrement avec le site internet de SONY pour lui indiquer l’identifiant de chaque CD lu sur un ordinateur. Dans le jargon, ce petit logiciel-espion, s’appelle un « rootkit ».

Le même 31 octobre sur boingboing.net, Cory Doctorow et l’un des premiers à relayer l’information. Sur les blogs, la polémique fait rage. Après avoir nié l’évidence pendant quelques jours, SONY BMG réagit enfin. Elle met à disposition de ses clients un programme de désinstallation du rootkit. Mais ce « désinstalleur » ouvrait lui-même une faille inquiétante dans la sécurité de la machine. L’ordinateur étant dès lors contrôlable à distance par n’importe qui...

Le 15 novembre, SONS BMG décide de retirer les CD infectés des magasins. Elle propose aussi à ses clients d’échanger leur CD, d’en télécharger un nouveau gratuitement et un dédommagement de 7,5 dollars... Un plainte collective est néanmoins actuellement en train de se constituer.

Autre multinationale, autre violation. Le 10 janvier 2006, Apple lance une nouvelle version d’iTunes, le logiciel qui permet, moyennant paiement, de télécharger musique et vidéos en toute légalité sur le web.

Le géant de la côte ouest propose une nouvelle fonctionnalité aux utilisateurs, le Ministore. Celui-ci a la grande qualité de vous faire des propositions d’achat en fonction de vos goûts. Le problème, c’est que pour les connaître, vos goûts, Apple enregistre votre « Apple ID » ou identifiant chaque fois que vous cliquez sur un morceau.

Voici ce que l’on peut lire dans l’« engagement de confidentialité Apple vis-à-vis de sa clientèle »

« Nous collectons vos informations personnelles dans l’optique de vous dispenser un service de qualité supérieure, de simplifier votre accès à nos produits et à nos services et de privilégier vos centres d’intérêt.

Nous recueillons des informations vous concernant adaptées à la situation - nom, adresse postale, numéro de téléphone, adresse e-mail et préférences de contact ; numéro de votre carte bancaire et informations sur les produits Apple en votre possession (numéros de série et data d’achat notamment) [...]. Les informations collectées le sont également à des fins statistiques - métier exercé et lieu d’utilisation de votre ordinateur, par exemple - afin de nous permettre de mieux vous connaître et de vous dispenser un service encore plus performant. »

Là encore, Cory Doctorow est à l’affut. Il n’apprécie guère qu’Apple « regarde par dessus son épaule » lorsqu’il est en ligne. Les fans de Mac sont déçus, à l’image de Kirk McElhearn, journaliste et rédacteur pour le prestigieux magazine « Macworld ». Sur son blog (lien), il suit l’affaire de près.

Seule réaction d’Apple, le Ministore n’est plus activé par défaut à l’ouverture d’iTunes. Aucun communiqué officiel pour annoncer la nouvelle, mais une simple mention sur le logiciel-même. Car Apple est dans son droit. La grande pomme continue donc de recevoir ces informations privées. La multinationale précise seulement que ces données ne sont pas conservées...

Source :http://www.nouvo.ch

torpedo